Un faux colonel de la police gruge une commerçante et épouse sa fille

Un faux Colonel gruge plusieurs commerçants et a même épousé la fille de l’un d’eux.

Colonel Police

Khadim Niang, 48 ans, se faisait passer pour un colonel. Il s’est approché un matin d’un magasin de vente de matériels électroménagers, tenue par une dame et ses enfants, sis au quartier Mtoa de Keur Massar. Après un long marchandage avec la mère de famille et sa fille aînée Fatou Diop, relate L'Obs, Khadim Niang qui s’est présenté comme un colonel de police, tombe d’accord avec elles pour une télévision écran plat au prix de 150 000 Fcfa.

Il paie par le moyen de l’opérateur d’argent Wave et en profite pour prendre le numéro de la jeune femme qu'il complimente pour sa coquetterie. Comme pour lui montrer sa gratitude, Khadim demande à la femme fraichement divorcée et mère de deux enfants, si elle ne veut pas voyager en Europe et se reconvertir en femme d'affaires.

Fatou Diop est touchée dans son rêve secret et supplie son vis-à-vis de l’aider dans les démarches. Le faux colonel simule un appel avec ses subalternes et lui demande de préparer sa pièce d’identité et son passeport. Il lui soumet également de se prémunir d’une carte de commerçante, d’un Ninea et d’un registre de commerce.

Pour faciliter ces trois démarches, il demande à la femme, à qui il a envoyé via WhatsApp, une belle photo où il apparaît dans de beaux atours d’un responsable, de lui remettre la somme de 170 000 Fcfa. Fatou Diop n’a aucun mal à s’acquitter de la somme demandée et à la remise, voit encore le faux colonel s’intéresser de plus en plus à elle, poussant les compliments jusqu’à la courtiser.

La jeune divorcée qui a fait face hier, à son bourreau à la barre du tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, dit lui avoir rétorqué qu’ayant des sœurs cadettes, elle ne pouvait laisser un homme pavaner dans leur maison et que s’il était sérieux dans son intention, il n’a qu’à demander sa main. Khadim Niang fait alors de la jeune femme son épouse. Ce mariage va permettre au colonel de se taper d’autres victimes.

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Mis en relation via le téléphone par son épouse avec la commerçante du même quartier Awa Sow, Khadim Niang qui a persuadé cette dernière qu’il était bien un colonel, lui dit qu’elle a une sacrée chance. Il lui promet un visa express pour la France et lui demande juste de lui remettre son passeport et la somme de 400 000 FCFA.

La partie civile dit s’être rendue auprès de l’époux de sa copine pour lui donner une première tranche 230 000 Fcfa en plus de sa pièce d’identité et un certificat de résidence. Devant le juge du tribunal, elle assure l’avoir revu une seconde fois avant qu’il ne devienne invisible.

Alors qu’il était prompt à répondre au téléphone, la plaignante dit que son bourreau ne répondait plus à ses appels, au point d’installer des doutes dans sa tête. La troisième plaignante qui s’est présentée au jugement est Fatoumata Niang, la mère de Fatou Diop et belle-mère du prévenu.

A cette dernière qui souhaite acquérir une carte de commerce, Ninea et registre de commerce. Khadim s’est plaint de quelques soucis financiers. La belle-mère envoie son fils lui remettre 200 000 Fcfa sur les 250 000 que lui réclame son beau-fils. Ndiké Mbengue, la quatrième plaignante, a été délestée de la somme de 400 000 Fcfa pour les démarches d’octroi de visa.

Après les femmes, le juge s’est tourné vers les plaignants. C’est ainsi que le commerçant Amadou Lamine Ndiaye s’est présenté à la barre pour enfoncer Khadim Niang qui était venu dans son commerce sous la casquette de commandant de brigade et l’a grugé de 300 000 Fcfa. Une autre victime Thierno Abdou Ba a parlé de 500 000 Fcfa qui lui ont été escroqués.

Les absents étaient Moukhtar Mboup, Alioune Mbengue, Papa Malick Diop. Le Procureur de la République, trouvant les faits constants, a requis un an d’emprisonnement ferme. L’avocat de la défense Me Thioye a plaidé la clémence. Le tribunal a relaxé Khadim Niang d’usurpation de fonction et l’a reconnu coupable d’escroquerie puis l’a condamné à un an de prison ferme et a remboursé l’intégralité des dommages et intérêts demandés par les parties civiles.

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