Accusé de meurtre sur une prostituée, le vendeur de Tangana acquitté après 7 ans de prison
Son histoire a bouleversé toute la salle d’audience de la chambre criminelle de Mbour. Pendant 7 longues années, A. Tall, ce natif de la commune de Dramé Escale, une paisible localité nichée au cœur du département de Nioro du Rip (dans la région de Kaolack), est resté cloitré entre les quatre (04) murs d’une cellule de la prison de Mbour.
Poursuivi pour le meurtre de la prostituée F. Nd. dont le corps sans vie, maculé de sperme, nu et jeté au bord de la piste latéritique menant vers la forêt classée de Saly Portudal, a été découvert par les forces de l’ordre, le présumé meurtrier a bénéficié d’un acquittement après son passage devant la barre de la chambre criminelle de Mbour, ce vendredi 16 janvier.
Le 25 décembre 2019, relate L'OBS, tôt le matin, les éléments de la brigade de recherches de Saly Portudal ont été informés de la découverte d’un corps sans vie d’une jeune dame, plus tard identifiée sous le nom de F. Ndao. Une prostituée, originaire de la commune de Dramé Escale (région de Kaolack), divorcée et mère de deux enfants. Sur les lieux, les gendarmes procèdent aux constats d’usage et la dépouille de la victime, nue, la bouche ensanglantée, est transportée par les sapeurs-pompiers à la morgue de l’hôpital Thierno Mouhamadoul Mansour Barro de Mbour.
Une enquête est aussitôt ouverte par les forces de l’ordre. Elle aboutira à l’arrestation de A. Tall, en février 2020. Les enquêteurs qui avaient, depuis le lendemain de son meurtre, effectué une géolocalisation des téléphones portables de la victime, constatent que l’un des appareils téléphoniques est utilisé par A. Tall, un vendeur de Tangana, originaire de la même localité que la victime. A. Tall est interpellé en plein jour dans une foire organisée à Joal, en possession des deux téléphones portables de F. Ndao. Mais aussi d’un sachet en plastique contenant diverses affaires personnelles de la victime, dont sa pièce d’identité, une chaîne, une pommade, un autre téléphone portable et une perruque.
Suffisant pour qu’il soit conduit par les pandores dans les locaux de la gendarmerie de la brigade de recherches de Saly Portudal pour les besoins d’une enquête. Devant les enquêteurs, A. Tall, marié et père de famille, nie d’emblée être l’assassin de F. Ndao. Seulement, au cours de son audition, le vendeur de tangana qui soutient, dans un premier temps, ne pas connaître la victime, même s’ils sont de la même localité, change de version. A l’en croire, il connaissait bien la défunte qui, durant la foire organisée en décembre 2019, a eu à travailler chez lui comme femme de ménage.
Mais, il fait savoir aux forces de l’ordre que la prostituée lui aurait confié s’appeler Rokhy Ndao au lieu de F. Ndao. D’ailleurs, pour convaincre les enquêteurs de son innocence, l’accusé soutient n’avoir jamais fréquenté F. Ndao, encore moins entretenu une relation amoureuse avec elle. Il confie aussi ignorer que F. Ndao avait été tuée. Cependant, malgré toutes ses dénégations, A. Tall a été placé sous mandat de dépôt à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Mbour.
Vendredi dernier, devant la chambre criminelle de Mbour, A. Tall est longuement revenu sur les détails de son arrestation. Clamant son innocence, il soutient avoir emporté les affaires de la victime, pensant qu’un client l’avait oublié sur la table où il tenait son commerce, le jour de ladite foire. Un mois plus tard, une fois à son village, il a activé l’un des téléphones de la défunte et y a inséré sa puce. Une maladresse qui lui sera fatale. Il sera géolocalisé deux mois plus tard.
Toutefois, il souligne avoir activé le téléphone pour permettre à son propriétaire d’entrer en contact avec lui. Une ligne de défense qui n’a pas convaincu le procureur qui a requis la réclusion criminelle à perpétuité. Au terme des débats d’audience, A. Tall, 49 ans, a été acquitté par la chambre criminelle.