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Un document signé de l’ancien ministre de l'Énergie Birame Souleye Diop, daté d'août 2024, décrit dans le détail la rupture entre l'entreprise espagnole AEE Power et son partenaire sénégalais, à l'origine de l'arrêt d'un vaste chantier d'électrification rurale. À l'époque, le texte ne parlait pas encore de scandale.
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Le dossier de l'Agence sénégalaise d'électrification rurale (ASER) continue de faire du bruit. Une note confidentielle signée par l’ancien ministre de l'Énergie, du Pétrole et des Mines, Birame Souleye Diop, et datée du 26 août 2024, apporte un éclairage technique sur l'origine des dysfonctionnements qui frappent ce programme.

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928 localités concernées, une avance de 56 millions d'euros

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Le projet visait l'électrification de 928 localités. Une avance de démarrage de 56 millions d'euros avait été versée à la société espagnole AEE Power EPC. Le chantier, pourtant, n'avait pas commencé. La situation se complique du fait de la relation entre cette firme espagnole et sa filiale locale, AEE Power Sénégal, chargée d'intervenir en tant que sous-traitant, mandataire et prestataire autonome. Selon son directeur général, cette entité sénégalaise représentait environ 60 % de la valeur financière du marché.

Une rupture entre partenaires, des accusations non établies

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Le désaccord a éclaté lorsque AEE Power Sénégal a réclamé sa part de l'avance versée. La maison mère espagnole a alors invoqué une rupture de confiance et formulé des accusations de faux à l'encontre de son partenaire local, accusations que la note ministérielle présente comme non établies à ce stade. Face à ces griefs, le ministre demandait, dans son document, que la réalité de ces faits soit vérifiée.

Saisie du différend, l'Autorité de régulation des marchés publics (ARCOP) avait recommandé la poursuite du marché. La société espagnole a toutefois refusé cette médiation et ne s'est pas présentée à la réunion de conciliation qui était prévue le 15 juillet 2024.

Des questions restées sans réponse pendant deux ans

Loin de tout ton polémique, la note du ministre insistait sur la recherche de solutions. Birame Souleye Diop y sollicitait des clarifications sur quatre points : la destination exacte des fonds versés, la vérification des accusations de faux, le réexamen de la structure des prix et la garantie d'une participation réelle des entreprises sénégalaises au projet.

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Ce document atteste qu'à la fin du mois d'août 2024, la priorité du ministère portait sur la clarification des flux financiers et la reprise des travaux, dans l'intérêt des populations rurales concernées. Par ailleurs, deux ans après la rédaction de cette note, le dossier ASER demeure ouvert et suscite des interrogations, notamment sur le sort des fonds engagés.

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