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Affaire « Bineta mécanicienne » : le parquet réclame la prison ferme pour les prévenus

Jugée devant le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, l’affaire dite « Bineta mécanicienne et Cie » a connu une étape décisive ce mercredi. Le procureur de la République a requis de lourdes peines de prison à l’encontre des quatorze prévenus, estimant que les faits reprochés traduisent une organisation concertée mettant en danger la jeunesse.
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Le tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye a examiné, ce mercredi, un dossier sensible impliquant quatorze personnes, parmi lesquelles figurent des élèves et des étudiants. Les prévenus sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs, mise en danger de la vie d’autrui, escroquerie, détention illégale d’arme blanche, corruption de la jeunesse et exploitation illicite d’un établissement d’hébergement touristique. Les faits se seraient déroulés dans un appartement meublé situé à Keur Massar, loué pour une durée de deux jours au prix de 70 000 FCFA.

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Selon l’accusation, ce lieu aurait servi de cadre à des activités jugées répréhensibles par le parquet. Présenté comme le gestionnaire du logement, Amadou Woury Diallo, pharmacien de formation, a rejeté l’ensemble des charges. Il a expliqué avoir loué, pour la première fois, l’appartement familial à la demande de son neveu, Oumar Diallo, qui lui aurait présenté un locataire muni d’une pièce d’identité. Le ministère public a toutefois mis en doute cette version, soulignant que le paiement s’était effectué par transfert électronique, ce qui, selon lui, affaiblit l’argument d’un simple arrangement familial. De son côté, Oumar Diallo, élève né en 2004, a nié toute implication directe, affirmant s’être limité à remettre les clés à Madjiguène Ndiaye, identifiée comme l’une des organisatrices présumées. Plusieurs autres prévenus ont déclaré avoir été conviés à de simples retrouvailles entre amis à l’occasion des fêtes de fin d’année.

Prison
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Ils ont nié toute participation à des activités illicites, reconnaissant uniquement une contribution financière destinée à l’achat de nourriture et de boissons. Déjà condamnée par le passé, Madjiguène Ndiaye s’est présentée comme l’initiatrice d’une soirée privée organisée le 31 décembre. Elle a contesté toute accusation de corruption de la jeunesse, affirmant ne pas avoir eu connaissance de la présence de substances illicites ou de vidéos compromettantes. Le dossier a également révélé des faits d’escroquerie présumée. Olivier Bampoky, étudiant, a reconnu la détention d’une arme blanche sans autorisation et admis avoir remis du bicarbonate à la place d’une drogue commandée, selon lui, par Aïda Souaré. Cette dernière a confirmé avoir constaté la supercherie, tout en niant toute participation à une association de malfaiteurs. Au centre de l’affaire, Binta Sarr, connue sous le surnom de « Bineta mécanicienne », née en 2003 à Diourbel, est poursuivie pour association de malfaiteurs, mise en danger de la vie d’autrui et corruption de la jeunesse.

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Tribunal-de-grande-instance-de-Pikine-Guediawaye
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À la barre, elle a contesté l’ensemble des faits. Elle a expliqué avoir accompagné un ami motard à Keur Massar pour la recherche d’un appartement, précisant qu’elle ne connaissait que Madjiguène Ndiaye et qu’elle avait brièvement diffusé un direct sur les réseaux sociaux depuis les lieux. Dans ses réquisitions, le procureur de la République a insisté sur la gravité des faits, évoquant une action collective, l’implication de jeunes vulnérables et l’exploitation d’un logement sans autorisation administrative. Il a requis deux ans de prison ferme contre plusieurs prévenus, dont Amadou Woury Diallo, Oumar Diallo et Binta Sarr, et deux ans dont six mois ferme, assortis d’une amende de 200 000 FCFA, contre les autres. Le parquet a également sollicité la fermeture de l’appartement concerné. Les avocats de la défense ont, pour leur part, dénoncé un « procès de la morale », estimant que l’infraction d’association de malfaiteurs n’était pas caractérisée et qu’aucune entente criminelle préalable n’avait été démontrée. Ils ont plaidé la relaxe de certains prévenus, notamment du propriétaire de l’appartement. Le tribunal a rejeté les demandes de mise en liberté provisoire, invoquant un trouble persistant à l’ordre public. Le verdict est attendu le 19 janvier 2026.

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