Affaire des agents du PUMA : la direction parle de « manipulations » et défend sa réforme
Le Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et Territoires Frontaliers (PUMA) est sorti de son silence pour réagir aux informations relayées dans certains médias faisant état d’une supposée vague de licenciements internes. Dans un communiqué, la direction rejette fermement ces accusations et affirme que la réorganisation en cours s’inscrit dans le strict respect des recommandations issues des audits, notamment ceux de la Cour des comptes. Le PUMA évoque des « manipulations » et des « tentatives de discrédit », estimant que ces informations visent à entraver un processus de réforme jugé indispensable pour améliorer l’efficacité de la structure. Le programme insiste sur le fait que les mesures engagées découlent directement de plusieurs évaluations, dont un audit de la Cour des comptes, complété par un audit organisationnel et des ressources humaines lancé dès l’arrivée de la nouvelle coordination.
Ces travaux ont mis en évidence plusieurs dysfonctionnements internes, parmi lesquels un sureffectif dans certains services opérationnels, une faible activité sur certains postes, des inadéquations entre les profils et les fonctions occupées, ainsi qu’un déficit de personnel dans les zones frontalières. Les audits ont également relevé le non-respect du caractère limitatif des crédits alloués aux dépenses de personnel, lié notamment à des recrutements d’agents d’appui effectués entre 2022 et 2024 sur des postes non prévus dans l’organigramme validé depuis 2018. Selon le communiqué, les recommandations issues de ces audits prévoyaient le départ de 23 agents. Toutefois, la direction affirme avoir privilégié une approche sociale en procédant au redéploiement de 14 agents afin d’éviter des suppressions de postes. Pour les neuf autres agents concernés, dont les profils sont jugés incompatibles avec les besoins actuels de la structure, le programme indique avoir proposé des départs négociés assortis du paiement intégral des droits et indemnités, ainsi qu’un accompagnement vers la reconversion professionnelle.
Le PUMA assure que cette démarche est conforme aux dispositions légales en vigueur et ne présente, selon lui, aucun fondement susceptible d’alimenter une contestation juridique. Concernant les recrutements récents, le programme dément toute volonté de remplacement des agents concernés. Il précise que six postes sont actuellement ouverts conformément à l’organigramme officiel : deux liés à des départs à la retraite, deux consécutifs à des démissions et deux autres recommandés par la Cour des comptes. Ces postes, souligne la direction, répondent à des besoins spécifiques et ne peuvent être occupés par les agents dont les fonctions ont été supprimées.
Le PUMA rappelle par ailleurs que son budget est passé de 12,22 milliards de FCFA à 5 milliards en 2025, une baisse significative qui impose une rationalisation des charges de personnel et une optimisation des ressources. Dans ce contexte, le programme souligne également que le PRDC-VFS, financé par la Banque mondiale, dispose de sa propre unité de gestion autonome, le PUMA n’intervenant qu’en qualité d’agence d’exécution technique. La direction du programme estime enfin que les dénonciations émises par un collectif d’agents ne reposent sur aucun manquement procédural. Elle assure que la réorganisation est conduite de manière transparente et encadrée par les organes de contrôle compétents. Le PUMA conclut que cette réforme vise exclusivement à mettre en œuvre les recommandations issues des audits afin de renforcer la performance opérationnelle du programme dans un contexte marqué par de fortes contraintes budgétaires.