Appel du PJF : Pape Malick Ndour pourrait retourner en prison dès aujourd'hui
Le Parquet financier ne lâche pas Pape Malick Ndour. Résolu à obtenir un mandat de dépôt contre l’ancien ministre sous le régime de Macky Sall, il maintient la pression dans le dossier du Programme des domaines agricoles communautaires (Prodac), dans lequel l’ex-responsable est inculpé pour association de malfaiteurs, escroquerie sur des deniers publics et blanchiment de capitaux. Si l’argumentaire du ministère public venait à prospérer, Pape Malick Ndour pourrait être placé en détention dès ce jour, à l’issue de l’examen de l’appel introduit par le Parquet financier devant la chambre d’accusation, prévu ce matin, à 10 heures.
Le vendredi 7 novembre 2025, à l’issue de son face-à-face avec le doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier (Pjf), Idrissa Diarra, l’ancien ministre avait bénéficié d’une liberté provisoire assortie du port d’un bracelet électronique. Une décision qui n’avait guère trouvé grâce aux yeux du Procureur financier, lequel avait requis un mandat de dépôt ferme. Estimant que le juge d’instruction n’avait pas suivi son réquisitoire, le Parquet financier avait aussitôt interjeté appel.
Dans son réquisitoire, le Procureur avait demandé le mandat de dépôt contre Pape Malick Ndour, mais le juge était passé outre. Il n'avait pas accédé à sa demande de mise sous mandat de dépôt et avait décidé de mettre Pape Malick Ndour sous bracelet électronique. Le Procureur avait fait appel de cette décision. Et, c'est cet appel qui va être évoqué devant la chambre d'accusation, demain (aujourd’hui) à 10h.
Après la décision du juge de placer l’ancien ministre sous bracelet électronique, le Procureur financier disposait d’un délai de cinq jours pour former appel, conformément aux dispositions procédurales. A rappeler que cette affaire trouve son origine dans un rapport d’expertise comptable établi par le cabinet ADR, dirigé par Abdoulaye Dramé, qui a conduit à l’interpellation de Pape Malick Ndour par la justice sénégalaise. Commandé en janvier 2025, le document met en lumière des irrégularités financières évaluées à 2,7 milliards de francs Cfa, ainsi que des retenues de garantie d’un montant de 40 millions de francs Cfa relatives au DAC de Sefa.