Assemblée nationale : Pastef traque ses « taupes » internes
Le climat interne du groupe parlementaire Pastef à l’Assemblée nationale semble traversé par des remous. Des soupçons de désengagement visant une partie des élus alimentent désormais les discussions et interrogent sur la solidité de la majorité. Selon le député Mayabé Mbaye, la formation politique compterait actuellement 119 parlementaires pleinement alignés sur la dynamique collective, sur un total de 130 élus. Une situation qu’il explique par la présence de onze députés dont l’implication serait jugée insuffisante dans le fonctionnement du groupe.
Dans des déclarations relayées par plusieurs médias, le parlementaire n’a pas hésité à employer des termes forts pour qualifier ces profils. « De 130 députés, Pastef compte désormais 119 parlementaires : les 11 taupes du groupe ont été identifiées. Ils ne s’impliquent pas dans la dynamique de notre groupe. Ils sont avec nous, mais ne sont pas avec nous », a-t-il affirmé. Au-delà de ces propos, Mayabé Mbaye insiste sur la nécessité d’une vigilance renforcée. Il évoque des comportements observés récemment qui auraient conduit les responsables du groupe à accroître le contrôle interne, tout en relativisant l’ampleur de la situation. « Nous avons identifié certains comportements qui nous amènent à la vigilance. Il n’y a aucune inquiétude particulière concernant d’éventuelles fuites d’informations sensibles », a-t-il précisé.
Le député souligne également que certaines réserves exprimées par la direction du groupe trouvent aujourd’hui leur justification. Il fait notamment référence à la diffusion dans la presse d’informations issues de réunions internes. « Beaucoup ne comprenaient pas cette prudence. Mais lorsque certaines discussions internes ont été divulguées dans la presse peu après notre réunion, chacun a compris les raisons de la réserve d’Ousmane Sonko », a-t-il ajouté. Malgré ce contexte de suspicion, le parlementaire se veut rassurant quant à la stabilité du groupe. Il affirme que les députés concernés demeurent membres à part entière et ne font l’objet d’aucune mesure d’exclusion. « Ils sont là de droit et nous n’avons aucun problème particulier avec eux. Cependant, nous les avons identifiés et nous restons attentifs à leurs agissements », a-t-il conclu.