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Inculpé de délits financiers présumés, le patron de la célèbre société de concession automobile Lansar Auto, Mahmadane Sarr, purge son vingtième mois de détention préventive.
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Cela fait vingt mois qu'a déjà passé Mahmadane Sarr, Directeur Général de Lansar Auto, derrière les barreaux de la prison préventive. Pour cet homme d'affaires autrefois au cœur du système de la location et de la vente de véhicules de luxe au Sénégal, le temps s’est arrêté, mais pas les complications juridiques. Alors que l’instruction menée par le deuxième cabinet du Pool judiciaire financier (Pjf) semble close sur le plan technique, Me Moustapha Mbaye dénonce un acharnement du Parquet, une paralysie économique injustifiée et d'inquiétantes «bizarreries» procédurales autour de la gestion des véhicules saisis par l'État.

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Selon les déclarations de son avocat repris par L'OBS, l'instruction judiciaire n'a plus rien à apprendre ni à chercher. «À ma connaissance, tous les actes que le juge d'instruction devait poser ont déjà été faits», confie la robe noire, qui déplore une procédure désormais logée «au point mort» sur la table du deuxième cabinet du parquet financier. Pourtant, malgré cet état de complétude apparente de l'enquête, Mahmadane Sarr reste maintenu en cellule. La raison ? Une divergence fondamentale d'appréciation entre les avocats de la défense et le Ministère public. Pour les conseils de l'homme d'affaires, le dossier souffre d’un manque de consistance évident, justifiant l'élévation de «contestations sérieuses».

Les arguments du parquet

Une vision balayée d'un revers de manche par le Parquet, qui estime, à l'inverse, que ces arguments n'ont rien de sérieux et oppose un veto systématique à chaque tentative d'élargissement. Dans cette bataille procédurale, un détail interpelle : l'Agent Judiciaire de l'État (Aje), chargé de veiller sur les intérêts financiers du Trésor public, a choisi de ne pas s'opposer à cette énième requête de liberté provisoire, déposée, il y a de cela quinze jours. Un signal fort qui isole le Parquet dans sa posture de fermeté. «S'il y a quelqu'un qui s'y oppose, c'est le Parquet. L'Aje représente l'État, le Parquet représente la société. Les contestations que nous avons soulevées sont tout à fait sérieuses. Et nous estimons que rien ne s'oppose à ce qu’il soit mis en liberté provisoire», rappelle l'avocat, suspendu aux délais légaux qui obligent le juge à statuer sous peu.

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L’énigme de «l’escroc solitaire»

Au cœur de l'affaire, les chefs d'inculpation font frémir : faux et usage de faux en écriture publique et escroquerie portant sur les deniers publics. Des accusations d'une extrême gravité financière, qui cachent pourtant ce que la défense qualifie de véritable «bizarrerie» systémique. Mahmadane Sarr est, en effet, poursuivi pour avoir indûment touché de l’argent des caisses de l’État du Sénégal. Mais dans ce scénario, le chef d'entreprise est désespérément seul dans le box des accusés. Une situation qui heurte la logique juridique élémentaire de ses défenseurs.

Cette solitude procédurale alimente les doutes de l'entourage du prévenu. Comment matérialiser une escroquerie sur les deniers de l’État sans l'intermédiation, la corruption ou la complicité active d'agents de l'administration publique ? «C'est une des bizarreries du dossier», tranche net Me Mbaye. 

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Le mystère des voitures de luxe : l'Onrac sur le gril

Au-delà du débat purement carcéral, le volet patrimonial de l'affaire Lansar Auto commence à faire grand bruit. Dès le début des poursuites, une importante flotte de véhicules de l'entreprise a fait l'objet d'une saisie conservatoire. Mais ce que sont devenus ces actifs soulève aujourd’hui de profondes inquiétudes. Des informations suggèrent que des véhicules saisis ont été mis en circulation, voire liquidés sous l'égide de l’Office national de recouvrement des avoirs criminels (Onrac). Une démarche légale sur le papier, mais strictement encadrée. Or, la défense soupçonne des entorses massives aux protocoles. «Vous n'êtes pas sans savoir non plus ce qui se passe avec les véhicules qui ont été saisis et l'usage qui en a été fait, d'après ce qu'on sait, l'usage qui en a été fait, du côté de la Primature notamment, ça c'est désormais dans le domaine public, tout le monde est au courant».

L'OFNAC saisie

Face à ce qu’il qualifie de «désordre», la défense  s'apprête à interpeller officiellement l'Onrac pour exiger un audit complet de la situation des véhicules de leur client. Si les manquements venaient à être avérés, une contre-offensive judiciaire pour préserver les intérêts patrimoniaux de Lansar Auto sera immédiatement déclenchée. L'épilogue de ce feuilleton judiciaire s'écrira dans les toutes prochaines heures ou prochains jours, au gré de la décision du juge d'instruction sur la seconde demande de liberté provisoire, introduite par Me Mbaye.

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