Scandale des 2 milliards : le parquet accable Samuel Sarr et requiert le sursis contre Cheikh Amadou Amar
Le tribunal correctionnel de Dakar a examiné, ce 30 avril, le contentieux opposant l’ancien ministre de l’Énergie Samuel Sarr à l’homme d’affaires Cheikh Amadou Amar, autour d’un montant de deux milliards de francs CFA au cœur de versions contradictoires. À l’origine de la procédure, une plainte pour abus de confiance déposée par Cheikh Amadou Amar, qui affirme avoir remis cette somme à Samuel Sarr afin qu’elle soit transmise à l’ancien président Abdoulaye Wade. Selon lui, aucune preuve de remise n’a été fournie, malgré plusieurs relances. De son côté, Samuel Sarr conteste fermement ces accusations.
À la barre, il soutient avoir agi sur instruction de Abdoulaye Wade, affirmant que les fonds ont été utilisés conformément à des directives précises, et évoque des documents et témoignages censés attester de la traçabilité des dépenses. Le prévenu a également avancé l’existence d’une dette plus importante liant Cheikh Amadou Amar à l’ancien chef de l’État, estimée à près de huit milliards de FCFA. Une version contestée par la partie civile, qui remet en cause la validité des pièces produites et évoque une absence de mandat formel. Durant l’audience, les débats ont été marqués par des échanges vifs entre les différentes parties, notamment autour de la question du mandat et de la justification des flux financiers.
L’absence de Cheikh Amadou Amar, pour raisons médicales, a conduit à un jugement par défaut réputé contradictoire. Les avocats de la partie civile ont, pour leur part, soutenu que les faits d’abus de confiance étaient constitués, réclamant une indemnisation à hauteur de trois milliards de FCFA pour préjudices. En réponse, la défense de Samuel Sarr a plaidé l’inexistence de l’infraction, invoquant notamment un mandat présumé et des relations antérieures entre les protagonistes. Dans son réquisitoire, le procureur de la République s’est montré particulièrement sévère à l’égard de l’ancien ministre.
Estimant que les justificatifs avancés sont insuffisants, il a requis la requalification des faits en escroquerie, ainsi qu’une peine de six mois d’emprisonnement ferme assortie d’un mandat de dépôt et d’une amende. Concernant Cheikh Amadou Amar, poursuivi pour faux et usage de faux, le parquet a requis une peine de deux ans avec sursis et une amende, considérant que certains documents produits présenteraient des irrégularités. Au terme des plaidoiries, la juridiction a décidé de mettre l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 9 juillet 2026.