"Je l'ai étranglé avant de lui briser les cervicales" : les aveux glaçants du meurtrier du bijoutier Ndongo Guèye
Il y a quatre ans, le corps sans vie du bijoutier Ndongo Guèye a été retrouvé dans un sac à l’arrière de sa voiture de marque Toyota Yaris, de couleur grise stationnée sur la VDN3 à hauteur de Cambérène, vers la corniche à côté de l’Unité 15 des Parcelles Assainies. Hier mercredi 20 Mai 2026, la Justice a replongé dans l’horreur d’un dossier qui avait bouleversé tout le Sénégal. Face aux juges, le présumé meurtrier Bassirou Thiam, bijoutier à Pikine, a reconnu avoir étranglé son partenaire d’affaires avant de tenter de faire disparaître le corps.
Ndongo Guèye est mort d’une asphyxie mécanique provoquée par strangulation
Le magistrat rappelle les conclusions accablantes de l’enquête : Ndongo Guèye est mort d’une asphyxie mécanique provoquée par strangulation, associée à une luxation du rachis cervical. Le rapport médico-légal fait également état de multiples lésions, griffures, morsures et traces de lutte sur le corps de la victime. Selon l’accusation, Bassirou Thiam aurait tendu un véritable piège à son partenaire commercial venu réclamer six millions de FCfa liés à un commerce d’or. Le Juge évoque même un «guet-apens» soigneusement préparé.
"Je l’ai étranglé avec ma main gauche"
À la barre, l’accusé reconnaît avoir causé la mort de Ndongo Guèye, mais nie toute préméditation. D’une voix parfois hésitante, le bijoutier raconte qu’une dispute aurait éclaté autour d’une bague en or appartenant à une cliente. Selon lui, la victime, frustrée par son refus de lui céder ce bijou d’autrui, se serait montrée agressive avant de saisir un couteau. «Pour me défendre, je l’ai étranglé avec ma main gauche», lâche-t-il, dans des propos repris par L'OBS. Mais le Procureur démonte point par point cette version. Pour le représentant du ministère public, les faits démontrent au contraire une volonté claire de tuer. «On n’étrangle pas un homme jusqu’à lui briser les cervicales par accident», martèle-t-il.
Lire plus : https://www.pulse.sn/article/camberene-ce-quon-sait-du-meurtre-du-bijoutier-ndongo-dieye-2024093007495154006
L'effacement des preuves
Le présumé meurtrier avait nettoyé le sang dans son appartement, acheté des sacs au marché Thiaroye pour emballer le corps, puis attendu le milieu de la nuit pour déplacer le cadavre dans le véhicule de la victime. Vers 3H du matin, au volant de la voiture de Ndongo Guèye, Bassirou Thiam a erré dans plusieurs quartiers de Pikine avant de heurter un autre véhicule à hauteur de la bretelle de l’autoroute. Pris en chasse jusqu’à la VDN 3, il abandonne finalement la voiture avant de s’enfuir à pied. Plus tard, il jette le téléphone de la victime dans la mer, vers Malibu.
Pour le Procureur, ces gestes ne laissent aucune place au doute. «Tout a été pensé pour effacer les traces et empêcher la découverte du crime», tonne-t-il avant de réclamer la réclusion criminelle à perpétuité. Après plusieurs heures de débats tendus, la Chambre criminelle a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 7 juillet prochain.