Recouvrement des biens criminels : 50 milliards FCfa récupérés dans les circuits du crime
Entre saisies bancaires, cautionnements, ventes publiques aux enchères et coopération internationale, l'ONRAC revendique plus de 50 milliards de FCfa d'avoirs sécurisés et affiche désormais l'ambition d'accélérer sa modernisation pour renforcer l'efficacité du dispositif national de recouvrement. Créé le 23 juillet 2021, l'Office national de recouvrement des avoirs criminels (Onrac) a célébré, jeudi, son cinquième anniversaire sous le signe de la consolidation. Le directeur général de l'Onrac, le magistrat Mor Ndiaye, a rappelé que «plus de 5 000 biens ont été confiés à l'Office depuis sa création».
Plus de 2,2 milliards de FCfa issus des ventes aux enchères
Le rapport d'activités 2025 fait état de 19 ventes publiques organisées dans six régions du pays. Ces opérations ont permis de mobiliser 2,234 milliards de FCFA. Si Dakar concentre plus de la moitié des ventes organisées, la région de Kédougou domine largement en volume de biens vendus avec 55%, essentiellement composés d'engins lourds, de tricycles, de motopompes, de groupes électrogènes et d'autres matériels saisis dans la lutte contre l'orpaillage clandestin. En revanche, la capitale reste de loin la plus rentable. Dakar représente 85% des recettes générées par les ventes, avec près de 1,896 milliard de FCFA, contre 231,9 millions pour Kédougou (10%) et 107 millions pour les autres localités (5%). Cette différence s'explique par la valeur plus élevée des biens aliénés dans la région dakaroise;
Un portefeuille de plus de 50 milliards FCfa
Au-delà des ventes, l'Onrac affiche un portefeuille particulièrement conséquent. «A la date de mars 2026, le solde créditeur du compte de l'institution dépassait 50 milliards de FCFA», indique le magistrat Mor Ndiaye. Ce montant regroupe les saisies d'avoirs bancaires, les cautionnements en matière pénale ainsi que le produit des ventes des biens physiques. Le directeur général de l’Onrac confirme notamment plus de 13 milliards de FCfa de saisies bancaires et près de 21 milliards de FCfa de saisies immobilières et cautionnements, portant l'encours global au-delà de la barre symbolique des 50 milliards. Pour lui, la mission de l'Office ne consiste pas uniquement à alimenter les caisses publiques. «Les biens sont gérés comme un bon père de famille», explique-t-il, rappelant que l'Onrac doit également garantir leur restitution lorsque la justice ne prononce pas leur confiscation définitive et assurer, le cas échéant, l'indemnisation des victimes.