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Les cerveaux humains retrouvés intacts des millénaires après la mort...

Alors qu'il est l'organe le plus gras du corps –environ 60% de sa masse est constituée de lipides– et qu'il devrait donc se dégrader rapidement, des milliers de spécimens ont été retrouvés intacts dans des restes squelettiques vieux de plusieurs millénaires.
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Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le cerveau humain ne se décompose pas systématiquement après la mort. Alors qu'il est l'organe le plus gras du corps –environ 60% de sa masse est constituée de lipides– et qu'il devrait donc se dégrader rapidement, des milliers de spécimens ont été retrouvés intacts dans des restes squelettiques vieux de plusieurs millénaires. Ce phénomène, longtemps considéré comme une anomalie, trouve aujourd'hui une explication scientifique grâce à une étude récente publiée dans le Journal of Proteome Research et relayée par Popular Mechanics.

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Depuis le XVIIᵉ siècle, plus de 4.400 cerveaux humains préservés ont été recensés à travers le monde, certains remontant à près de 12.000 ans. Dans plus de 1.300 cas, le cerveau était le seul tissu mou encore présent, alors que tous les autres organes avaient disparu. Cette persistance sélective a intrigué les archéologues et les biologistes, qui ont cherché à comprendre pourquoi cet organe, normalement très fragile, pouvait survivre là où d'autres tissus ne le pouvaient pas.

Jusqu'à présent, plusieurs processus étaient invoqués pour expliquer la conservation des tissus mous: la momification par déshydratation, la congélation (comme pour Ötzi, l'homme des glaces), ou encore la saponification, qui transforme les graisses en une substance cireuse appelée «gras de cadavre» ou adipocire. Cependant, ces mécanismes ne rendaient pas compte de tous les cas observés. Environ 30% des cerveaux préservés ne correspondaient à aucune de ces catégories connues.

Une complexe chimie de la décomposition

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Une équipe dirigée par Alexandra Seviour, anthropologue à l'Université d'Oxford, a analysé ces cas exceptionnels et identifié un facteur déterminant: la présence ou l'absence d'oxygène dans l'environnement de sépulture. Les cerveaux retrouvés intacts l'étaient presque toujours dans des milieux humides et pauvres en oxygène (hypoxiques), comme des tourbières, des fonds de lacs ou des tombes inondées. À l'inverse, les sépultures exposées à l'air libre ou riches en oxygène favorisaient une dégradation rapide des protéines cérébrales.

Pour comprendre ce phénomène, les chercheurs ont reproduit expérimentalement la décomposition de carcasses de souris dans différentes conditions d'humidité et d'oxygénation, sur une période de six mois. Grâce à des analyses de haute précision, ils ont montré qu'en l'absence d'oxygène, les radicaux libres –des molécules très réactives– ne détruisent pas les protéines, mais les lient entre elles pour former des structures stables et résistantes. Autrement dit, la décomposition elle-même, sous certaines contraintes chimiques, devient un mécanisme de préservation.

Le cerveau possède des caractéristiques uniques qui favorisent ce processus: il est riche en métaux (comme le fer), en membranes lipidiques et en acides aminés spécifiques qui piègent les radicaux libres. Ces éléments, combinés à la protection relative offerte par la boîte crânienne, permettent la formation de réseaux protéiques particulièrement résistants à la dégradation enzymatique. Ainsi, loin d'être un simple hasard, la survie de certains cerveaux anciens résulte d'une trajectoire propre au système nerveux central.

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Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour l'étude des populations anciennes. Les cerveaux préservés constituent une archive biologique inédite, permettant d'explorer l'évolution humaine, les maladies neurodégénératives ou encore les régimes alimentaires du passé. Par ailleurs, comprendre comment certaines protéines résistent à la décomposition pourrait inspirer des applications en biotechnologie ou en conservation des tissus biologiques.

Source : Yahoo

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