Secrétariat général de l’ONU : Macky Sall peut-il franchir les barrières diplomatiques ?
Dans les coulisses des Nations unies, la désignation du secrétaire général obéit à des usages diplomatiques bien établis, notamment le principe de rotation géographique entre les grandes régions du monde. Selon plusieurs analyses, l’Amérique du Sud apparaîtrait cette fois comme la région la mieux positionnée pour voir l’un de ses ressortissants accéder à la tête de l’organisation. L’Afrique, pour sa part, a déjà occupé ce poste à deux reprises, notamment avec le Ghanéen Kofi Annan, secrétaire général de 1997 à 2006. Cet élément pourrait peser dans les arbitrages à venir.
Autre facteur déterminant : la volonté affichée, au sein de nombreuses instances onusiennes et d’organisations partenaires, de voir pour la première fois une femme diriger l’ONU. Aucune femme n’a encore occupé la fonction suprême depuis la création de l’organisation en 1945. Une campagne baptisée « Madame SG », portée notamment par le réseau GWL Voices (Global Women Leaders), milite activement pour briser ce plafond de verre. Cette dynamique internationale pourrait compliquer la tâche des candidats masculins, dont Macky Sall.
Sur le plan national, la candidature de l’ancien président ne fait pas l’unanimité. Certains responsables politiques et acteurs de la société civile évoquent son bilan à la tête du Sénégal, pointant notamment la gestion des manifestations et les controverses liées aux finances publiques. Au-delà des équilibres diplomatiques mondiaux, Macky Sall devra donc composer avec ces perceptions contrastées, tout en convainquant les grandes puissances membres du Conseil de sécurité, dont l’aval est déterminant dans le processus de désignation.
La course au secrétariat général de l’ONU s’annonce ainsi exigeante et hautement stratégique. Entre jeux d’influence, équilibres régionaux et revendications en faveur d’une plus grande représentativité, la candidature de Macky Sall s’inscrit dans un contexte international particulièrement compétitif. Reste à savoir si l’ancien président sénégalais parviendra à transformer cette ambition en succès diplomatique.