Soutien à Feeñal Digital : 24h de "Synpics bashing"
Le communiqué a été perçu par une partie de la corporation comme un soutien, même indirect, à une web TV revendiquant une ligne éditoriale de propagande politique assumée, suscitant une vague de critiques et de profondes interrogations au cœur du métier.
En voulant dénoncer, par principe, la méthode d'intervention des forces de l'ordre dans des locaux professionnels, le Synpics s'est retrouvé, malgré lui, au centre d'une tempête médiatique sans précédent. La raison ? Une prise de position perçue par une grande partie de la corporation comme un soutien embarrassant à des acteurs éloignés des règles élémentaires du journalisme.
Diatou Cissé, ancienne SG : «Le syndicat a été très mal inspiré…»
Interrogé par L'OBS, Diatou Cissé, ancienne secrétaire générale du Synpics, a publiquement fait part de ses regrets dans un commentaire publié sous le post du journaliste Adama Sow. «Incontestablement, il y a eu une grosse erreur d’appréciation. Il est inadmissible de conférer, même par déduction, la dignité du journaliste à des insulteurs patentés», tranche-t-elle.
Ibrahima Lissa Faye, président Appel : «Notre honneur collectif est aujourd'hui bafoué»
«Le syndicat a été très mal inspiré en publiant cette note. D’autant plus que les personnes concernées ne sont aucunement des journalistes», déplore Ibrahima Lissa Faye, président de l’Association de la presse en ligne (Appel). «A la lecture du communiqué, j’ai eu le tournis, poursuit Ibrahima Lissa Faye. Ce texte rompt totalement avec la tradition du syndicat. Ils auraient pu s'abstenir de communiquer sur ce sujet. Je me demande où sont les membres du Ben (Bureau exécutif national) et comment ils ont pu laisser passer un tel document.»
Le président de l’Appel révèle avoir reçu une avalanche d'appels de confrères indignés, réclamant une désolidarisation officielle. «J'ai fermement refusé. Il est hors de question d'émettre le moindre communiqué à l'endroit de ces organes que je ne reconnais nullement. Il s'agit d'acteurs qui bafouent quotidiennement les règles de notre métier. Le constat est sans appel : en tant que journalistes, notre honneur collectif est aujourd'hui bafoué», dit encore Ibrahima Lissa Faye.
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Mamadou Diagne, président Cjrs : «Se mobiliser pour protéger la noblesse du journalisme»
Mamadou Diagne, président de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs), appelle à recentrer le débat sur l'essentiel. Il rappelle que son organisation alerte depuis plusieurs années sur la confusion entretenue entre le métier de journaliste et celui de chroniqueur militant ou de communicateur politique, une dérive qui porte un coup grave à la crédibilité de la profession. Pour le président de la Cjrs, il y a désormais urgence : l'ensemble des acteurs du secteur doit se mobiliser pour protéger la noblesse du journalisme.
Tout en reconnaissant le travail quotidien et indispensable du Synpics sur le plan social et pour la protection des droits des travailleurs de la presse, le président de la Cjrs insiste sur la nécessité de mieux informer le public pour éviter les malentendus, tout en restaurant la confiance entre les citoyens et leurs médias.