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Transport routier : les transporteurs brandissent la menace de grève

À Dakar, les acteurs du transport routier maintiennent la pression malgré une rencontre avec le ministère des Transports. Le secrétaire général de l’Union des routiers du Sénégal, Gora Khouma, évoque des avancées timides et n’exclut pas un mouvement de grève en l’absence de mesures concrètes.
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Les tensions restent vives dans le secteur du transport routier au Sénégal. Une réunion de concertation s’est récemment tenue entre les représentants des transporteurs et les autorités, dans un contexte marqué par une accumulation de revendications et un climat social tendu. À l’issue de cette rencontre, organisée en l’absence du ministre des Transports, représenté par son secrétaire général, Gora Khouma a pris la parole pour exprimer les préoccupations des professionnels du secteur. Il a souligné que les transporteurs avaient profité de cette occasion pour exposer sans réserve leurs doléances, estimant qu’il était devenu nécessaire de faire entendre leur voix face aux difficultés rencontrées.

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Si les échanges ont été jugés ouverts, les syndicats restent toutefois prudents quant aux retombées concrètes. Selon leur porte-parole, l’écoute affichée par les autorités devra désormais se traduire par des actions tangibles, condition essentielle pour apaiser les tensions. Parmi les points de crispation majeurs figure la question des contrôles routiers. Les transporteurs dénoncent une multiplication jugée excessive des postes de contrôle, aussi bien en milieu urbain qu’interurbain. Ils estiment que cette situation entraîne des retards importants et affecte la rentabilité de leurs activités, tout en appelant à une meilleure régulation pour concilier sécurité et fluidité du trafic. Autre sujet de discorde : le non-respect, selon eux, d’un décret présidentiel limitant le nombre de postes de contrôle sur certains axes. Les professionnels du secteur pointent une incohérence dans l’application des textes, ce qui alimente leur frustration et leur sentiment d’injustice.

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Pour tenter de désamorcer la crise, la mise en place d’un comité ad hoc a été évoquée. Cette instance devrait réunir plusieurs départements ministériels, notamment ceux en charge des Transports, de l’Intérieur, des Forces armées et des Finances. Sa mission serait d’assurer le suivi des engagements pris et de proposer des solutions adaptées aux préoccupations du secteur. Les transporteurs ont également remis sur la table la question des tarifs, restés inchangés depuis 2008. Selon eux, cette stagnation contribue à déséquilibrer l’économie du secteur et crée des tensions dans les gares routières, notamment entre conducteurs et usagers. Une révision tarifaire apparaît ainsi, à leurs yeux, comme une nécessité. Malgré l’ouverture du dialogue, les professionnels préviennent que leur patience a des limites. En l’absence de réponses concrètes dans les prochains jours, ils n’excluent pas de recourir à une grève générale pour faire entendre leurs revendications. A ce stade , le secteur du transport routier se retrouve à un moment charnière. Entre exigences économiques, contraintes réglementaires et attentes sociales, l’issue des discussions en cours sera déterminante pour éviter une paralysie aux conséquences importantes pour l’économie nationale.

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