Tribunal de Pikine-Guédiawaye : jusqu’à un an de prison requis contre Rox, Jessica, Narou et Ramz Yago
Six heures d’audience
L’affaire des quatre figures de TikTok a occupé pendant près de six heures le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye. Rox la Chancelière, Narou Karma, Jessica et Ramz Yago étaient jugées dans le cadre de trois procédures jointes. Les prévenues sont poursuivies pour plusieurs chefs d’accusation, notamment association de malfaiteurs, injures publiques, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, injures envers un agent de l’autorité, menaces de mort, atteinte à la vie privée et insulte à caractère racial. Plusieurs parties civiles, dont Ibrahima Fall, Adji Mass et Fatima Fall, n’ont pas comparu à l’audience. Diodio Sow, représentant Saly Manga, dite Anita, était en revanche présente. À l’issue des débats, le procureur a requis des peines comprises entre trois mois et un an de prison ferme contre les prévenues.
Rox la Chancelière reconnaît une partie des faits
À la barre, Rokhaya Fall, alias Rox la Chancelière, née en 1986, a reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés, notamment les injures publiques et les menaces. Elle a expliqué qu’elle animait des lives sur TikTok et qu’elle utilisait également un autre compte pour suivre les contenus de personnes qui l’avaient bloquée. Selon elle, Narou, Jessica et Ramz auraient également recours à des comptes similaires. Revenant sur son différend avec Jessica, Rox a évoqué des propos qu’elle estime avoir été tenus à l’encontre de ses parents décédés le même jour, à quelques heures d’intervalle. Elle a affirmé que ces événements l’avaient poussée à « se révolter » et a reconnu certains propos tenus dans le cadre de cette querelle.
Jessica évoque la diffusion d’une vidéo intime
Jessica, également poursuivie dans cette affaire, a reconnu avoir diffusé une vidéo intime concernant Saly Manga, dite Anita. À la barre, elle a expliqué qu’elle se trouvait à Paris lorsqu’elle était accusée par des internautes d’avoir entretenu une relation avec Alex Thiam. Selon ses explications, elle aurait partagé la vidéo dans le but de se défendre face à ces accusations. La représentante de la partie civile a toutefois soutenu que la victime avait été profondément affectée par la diffusion de la vidéo, devenue virale. Jessica a maintenu qu’elle n’avait pas cherché à nuire et a affirmé que la vidéo lui avait été transmise par Alex Thiam.
La défense conteste plusieurs chefs de poursuite
Les avocats des prévenues ont contesté plusieurs aspects de la procédure et des poursuites. Me Ciré Clédor Ly, qui défend Rox, a plaidé la nullité de la procédure, estimant notamment que le ministère public ne pouvait poursuivre certaines infractions après les désistements intervenus entre les parties. Me Alphonse Faye, conseil de Jessica et Narou, a pour sa part contesté la qualification d’association de malfaiteurs et sollicité la relaxe de ses clientes. Il a également demandé la relaxe de Jessica concernant les faits liés à la divulgation de données personnelles. Me El Hadj Diouf, qui intervenait pour Jessica, a également plaidé en faveur de l’extinction de l’action publique. Ses échanges avec le président du tribunal ont toutefois donné lieu à plusieurs moments de tension, le magistrat l’invitant à rester dans le cadre du dossier.
LIRE AUSSI : https://www.pulse.sn/article/mame-coumba-dia-une-voix-au-service-de-la-parole-2026091410211324431
Le délibéré fixé au 18 septembre
Après les plaidoiries, le procureur a répliqué aux arguments de la défense, notamment sur la question de la prescription de l’action publique. À la fin de l’audience, le président du tribunal a sermonné les prévenues avant de mettre l’affaire en délibéré. Le jugement sera rendu le vendredi 18 septembre. La demande de mise en liberté provisoire formulée par la défense a par ailleurs été rejetée après opposition du parquet.