Pour rentrer dans leurs fonds, les agents de l’Agence panafricaine d’information (Panapress) ne comptent pas reculer. Après deux mois de grève sans obtenir gain de cause, ces derniers ont entamé depuis, un autre mouvement d’humeur et cette fois-ci illimitée. Ce, pour obtenir le paiement de 38 mois d’arriérés de salaires cumulés depuis 2013.

Dans un communiqué rendu public, ces travailleurs de Panapress rappellent qu’en septembre 2018, le Conseil d’administration de l’agence s’était engagé, entre autres, à payer ces arriérés dans les six à douze mois qui allaient suivre. L’année dernière, en 2020, renseignent-ils, dans le document ils n’ont reçu que deux salaires notamment en janvier et avril et des demi-salaires en mai, juin, juillet et août. Et depuis cinq mois ils n’ont pas vu la couleur de l’argent. «Certains de nos collègues sont menacés d’expulsion faute de pouvoir payer le loyer, d’autres sont privés d’électricité ou d’eau, d’autre encore sont harcelés par leurs banquiers alors qu’ils peinent à assurer correctement le payement de la scolarité de leurs enfants», martèlent-ils dans le communiqué.

Panapress
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Le Collectif des agents de Panapress affirme que depuis le début de la grève, la direction générale n’a pris «aucune initiative» allant dans le sens de régler la crise. En revanche, regrettent-ils, elle a pris plutôt des mesures de rétorsion contre les employés en grève en bloquant leurs mots de passe pour se connecter à la plateforme de l’Agence et gelé leur couverture médicale. A cela s’ajoute les intimidations et menaces de licenciements, disent-ils. Selon eux, dans leurs démarches ils ont rencontré des députés et un conseiller du président de la République. Et à ces derniers ont été exposés les difficultés financières qu’ils rencontrent depuis 2003 après la relance de l’Agence. Ainsi d’après eux, leurs vis-à-vis ont exprimé toute leur indignation et ont promis de saisir les ministres de tutelle de la Pana pour trouver une solution à cette crise. «Le 5 octobre dernier la Direction générale avait convoqué les représentants du personnel pour les informer d’un possible retard de salaires et de la décision du Conseil d’administration de mettre en place un fonds d’urgence pour assurer la régularité des salaires en attendant de faire libérer les fonds nécessaires à l’apurement des arriérés et à la relance de l’agence. Mais elle s’était refusée à donner une échéance de paiement ni des salaires ni des arriérés», notent ces agents de Panapress.

Une crise financière qui sévit depuis août 2003

Pis depuis août 2003, à les en croire, l’agence est plombée par une crise financière à la fois structurelle et chronique qui s’est manifestée par l’absence de paiement régulier des salaires, le départ de la majeur partie du personnel du siège. Notamment les journalistes qui ont vu leur nombre passer d’une vingtaine, en 2004, à 2 actuellement dont l’un a atteint l’âge de la retraite depuis une dizaine d’années tandis que l’autre est à moins de 2 ans de sa retraite. «Les derniers recrutements de journalistes au niveau de Dakar remontent à 2008. La même hémorragie est notée au niveau de l’administration, du service de la traduction et du département technique. Actuellement l’agence n’a qu’un traducteur permanent qui a vu une dizaine de ses collègues quitter progressivement depuis 2006», précisent-ils. Qui signalent aussi qu’en plus, les bureaux régionaux de Yaoundé, d’Abidjan, de Nairobi, Addis-Abeba, de Lagos et du Cap ont été fermés depuis une dizaine d’années à cause des difficultés financières. Toutefois ces agents de Pana se disent très déterminer à poursuivre cette grève jusqu’à la satisfaction de leur revendication.