Embarqué dans un vol Iberia, le religieux sénégalais, âgé de 43 ans, est arrivé à Dakar le 20 février dernier sous escorte des agents de la Brigade espagnole des étrangers et des frontières.

D'idéologie salafiste et proche des wahabites, l'ancien Imam de la mosquée de Calahorra est un fervent partisan de l'application de la charia et s'est fait remarquer par son discours anti-occidental durant son séjour. Entre 2013 et 2014, il effectue des visites pour une campagne de collecte de fonds dans les mosquées européennes.

En 2019, renseigne la presse espagnole, il s'est rendu au Koweït pour obtenir des dons de l'organisation salafiste Revival Of Islamic Heritage Society (RIHS) ou Société pour le renouveau du patrimoine islamique dans le but de construire un grand centre islamique. Or, il est connu que cette organisation a été interdite en 2002 au Pakistan et en Afghanistan pour son soutien aux talibans.

En 2008, RIHS a été ajoutée sur la liste du Trésor pour financement des activités terroristes d'Al Qaïda. En novembre 2020, la même organisation a vu ses avoirs gelés par le gouvernement britannique.

La police espagnole citée par la presse, affirme que l'Imam sénégalais a défendu la lutte armée pour la défense de l'Islam et a prié en 2014 pour les jihadistes qui se battaient en Syrie.

L’imam était un ancien étudiant de l'Université de Médine

Né dans la banlieue dakaroise en 1978, B. Nd est un produit de l'Université de Médine, en Arabie Saoudite. Cette université a été fréquentée par beaucoup de figures du jihad international. Le jihadiste sénégalais Mouhamed Lamine Diop alias Abou Hatem a fait un passage dans cette institution. Preuve de l'attachement de B. Nd à Médine, la mosquée qu'il dirigeait à Calahorra portait le même nom que le lieu de culte où le prophète Mohamed a passé plus de 28 nuits après son exil à Médine.