Selon le chef de l’Etat Sénégalais, pour l’ensemble des pays africains, les efforts internes ne suffiront pas pour amortir le choc de la crise et relancer la croissance économique. « Il nous faut plus de capacités financières », a-t-il indiqué. Raison pour laquelle, il a lancé un plaidoyer pour un allègement conséquent de la dette publique africaine et un réarrangement de la dette privée selon des modalités à convenir. Ce, afin de permettre aux pays africains de disposer d’espaces budgétaires. Lesquels seront entièrement consacrés à la riposte sanitaire, à la résilience économique et sociale, et à la sauvegarde de l’emploi. « Je dois saluer le rôle du Président Emmanuel Macron qui a contribué à l’adoption par le G20 d’un moratoire sur le service de la dette jusqu’à la fin de l’année 2020. C’est une mesure appréciable, mais certainement insuffisante compte tenu de l’impact de la crise sur nos économies. Si je prends l’exemple du Sénégal, d’après nos dernières estimations, notre taux de croissance économique passerait de 6,8 % à 1,1 %. C’est pourquoi l’Union Africaine souhaite travailler avec les partenaires pour une extension du moratoire du G20 jusqu’en 2021 », a expliqué le président de la République, renseignant qu’à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles.

« L’AFRIQUE ÉMERGENTE EST LOIN DES STÉRÉOTYPES... »

Ainsi, il note que la règle sacro-sainte de discipline budgétaire selon laquelle le déficit annuel ne doit pas excéder 3% du PIB est aujourd’hui écartée pour faire face à la crise. « Avec un montant de 365 milliards de dollars, la dette africaine ne représente que 2 % du volume de la dette mondiale. L’Afrique affiche régulièrement des taux de croissance supérieurs à la moyenne mondiale », a rappelé Macky Sall. Mieux, il souligne que les pays africains sont en grande majorité dans une dynamique de construction et de progrès. « Ces pays sont stables. Les Gouvernements sont à la tâche. Il y a une jeunesse instruite, créative, qui entreprend et qui réussit ; des millions d’hommes et de femmes qui travaillent, qui investissent, qui créent des emplois et de la richesse. Toutes ces transformations positives restent dans « l’angle mort » de l’actualité ; parce que les mutations tranquilles, à l’image des arbres qui poussent dans la forêt, ne font pas de bruit. L’Afrique émergente est loin des stéréotypes qui la présentent comme la face obscure de l’humanité ; et le risque d’y investir n’est pas plus élevé que dans beaucoup d’autres régions du monde », explique-t-il.

Aux partenaires publics et privés, le président de la République du Sénégal leur demande de poser un nouveau regard sur l’Afrique et les africains. A son avis, ceux qui continuent de percevoir et d’analyser les dynamiques africaines à travers des paradigmes et des paramètres périmés, risquent d’être surpris et en retard sur les rendez-vous de demain. Car, ajoute-t-il : « pour une économie mondiale essoufflée, l’Afrique en construction est une source d’opportunités et d’investissements. C’est aussi un acteur qui demande des rapports de partenariat plus qualitatifs, plus justes et plus équitables, pour une croissance et une prospérité partagée ».