'Forces occultes' au Sénégal : les graves accusations de Macky Sall

Le président sénégalais Macky Sall a accordé une interview à France 24 et RFI en marge de la 78e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

Macky Sall sur France 24

Les manifestations de mars 2021 et de juin 2023 seraient-elles liées à des mouvements islamistes ou des forces occultes ? Macky Sall semble le penser. « Ce sont des faits que tout le monde connait. En tant que journalistes, vous devrez même être informés de cela. Ce que je sais, c’est que le Sénégal a fait l’objet d’une agression par différentes forces obscures pesant pouvant mettre la main sur le pays. Et c’est une grosse illusion parce que le Sénégal est une démocratie solide et moi je veillerai personnellement (à ce qu’il le reste) jusqu’à ce que je rende le pouvoir? J’en est fait le serment aux Sénégalais », a déclaré le chef de l'Etat sénégalais.

Il rembobine : « Bien sûr, il y a des forces islamistes, politiques, y compris en France. Il y a un conglomérat d’intérêt qui pensait mettre la main sur le Sénégal. C’est une illusion et il ont échoué lamentablement ».

Dans la foulée, Macky Sall a refusé de se prononcer sur l’emprisonnement de l’opposant Ousmane Sonko, déclarant qu’il ne pouvait le faire au regard de la procédure judiciaire qui était toujours en cours. Mais il a insisté sur le fait que la dissolution du parti d'Ousmane Sonko, le PASTEF, était justifiée, en raison de ses appels à "l’insurrection et à la destruction de l’État".

Sur la dissolution de Pastef ? « Ce parti (Pastef) est dissout pour la bonne et simple raison que les partis ont des obligations. Un parti politique qui bénéficie de la loi ne peut pas appeler à l’insurrection à longueur de journée, ne peut pas poser des actes qui sont répréhensibles et qui sont condamnés par les lois. Et la loi est très claire quand un parti sort de son droit, il est dissout. Ce n’est pas la première fois qu’un parti est dissout au Sénégal », a dit Macky Sall.

Qui ajoute : « Il y a les voies de recours, je pense qu’ils sont allés à la Cour suprême. C’est ça un Etat de droit. En France, aussi, on dissout des organisations. Comment voulez-vous qu’on accepte qu’un parti appelle tous les jours à la destruction de l’Etat et du pays ? On a fait qu'appliquer la loi, dans toute sa rigueur ». Créé en janvier 2014 par Ousmane Sonko, le parti Pastef a été dissous le 31 juillet 2023 par le gouvernement sénégalais.

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Enfin, Macky Sall a déclaré qu'il ne rejetait pas la possibilité d'assumer à l'avenir la responsabilité du poste de secrétaire général des Nations unies, si plusieurs pays le lui demandaient, même s'il ne considère pas que ce soit sa "vocation première".

Il est revenu sur le coup d’État au Niger du 26 juillet déclarant que la solution diplomatique était privilégiée pour sortir de la crise, mais que l’option d'une intervention militaire était toujours sur la table.

Concernant sa décision de renoncer à briguer un troisième mandat – après un septennat et un quinquennat – pour l'élection prévue en février 2024, il a rappelé que juridiquement, il en avait le droit, mais qu’il avait "un code d’honneur" qui l’empêchait de le faire.

Choix de Amadou Bâ

Macky Sall a évoqué les remous au sein de BBY suite au choix du Premier ministre comme candidat de la majorité à la présidentielle de 2024. Macky Sall évoque également les chances de son candidat. « Je ne peux pas fracturer la coalition que j’ai mise en place, entretenue depuis 12 ans. Je reste le président de la coalition, je reste le président de mon parti jusqu’à nouvel ordre. Et c’est normal qu’il ait des résistances. Au bout du compte, nous avons vu le processus d’alignement, et finalement d’acceptation. Il y a encore deux ou trois qui pense qu’ils doivent être candidat, mais c’est leur liberté, c’est leur droit. Il y aura avant le dépôt des candidatures les discussions qui permettront finalement d’arriver vers une convergence totale », a déclaré Macky Sall.

Pour ce qui est du candidat de la coalition BBY, Macky Sall soutient qu’Amadou Ba a des soutiens de taille. « Amadou Ba est le candidat d’une majorité. Certes, son poids personnel va jouer, mais il part avec l’atout que les autres n’ont pas. C’est d’avoir une majorité qui le soutient. Il a le soutien du Président, qui est un acteur politique. Et donc tout cela mis sur la balance doit pouvoir l’aider à battre ses adversaires », dit-il.

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