Toutes les listes de parrainages pourraient être invalides selon la CENA

Dans une note par laquelle le CENA appelle les acteurs politiques à plus de calme et de sérénité, l’organisation de contrôle et de supervision des opérations électorales révèle qu’aucun mandataire n’a scrupuleusement respecté les délais de dépôt des parrainages.

Législatives-2022

Et si toutes les listes présentées à la direction générale des élections (DGE), dans le cadre des dépôts de parrainages en vue des élections législatives, étaient forcloses ? La question mérite d’être posée, car, la révélation faite hier par la Commission électorale nationale autonome (CENA) est de taille. L’instance qui contrôle et supervise les opérations électorales, parrainage compris, a assuré, hier, dans un communiqué, que "la date limite de dépôt n’a été formellement respectée par aucun des mandataires. En effet, beaucoup de listes de parrainages et de dossiers de candidatures n’ont été soumis à la commission de réception que bien après les dates et heures fixées."

Tout au long de cette semaine, la DGE a procédé à la vérification des parrainages des listes de candidatures des partis, coalitions de partis et entités regroupant des personnes indépendantes aux élections législatives du 31 juillet prochain. Si vingt-cinq listes devaient prendre part au scrutin, seules quinze d’entre elles ont été finalement déposées à la commission de vérification qui en a finalement retenu que huit. Apparemment celle-ci a été assez compréhensive, en évitant une application rigoureuse de la loi électorale qui indique que tout retard par rapport aux délais de dépôt est un motif de rejet d’une liste.

Le délai dépassé

Ce constat est d’autant plus intéressant qu’une polémique est née de la publication de listes des différentes coalitions dans les réseaux sociaux. Face à l’éventualité d’une erreur commise sur celle de la coalition Yewwi Askan Wi (Yewi) pour le département de Dakar (une liste qui ne serait pas paritaire) et les risques de rejet qui y sont évoqués, l’opposition politique et la majorité au pouvoir se sont lancés dans différentes sorties d’accusations et de menaces interposées.

Alors que le mandataire de la principale force de l’opposition, Déthié Fall, soutient que la liste qu’il a déposée respectait les règles de la loi sur la parité, contrairement à celle qui circule sur les réseaux sociaux, les membres de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY) se réjouissent d’un coup d’amateurisme de leurs rivaux dans la capitale. D’ailleurs, chaque formation cherche des poux à l’autre. Selon Yewwi, la liste nationale déposée par BBY a un parrain de plus que la normale autorisée par la loi et devrait être rejetée par la commission de vérification. Elle relève même une jurisprudence de Moustapha Guirassy qui a été "victime" de cette erreur, lors de la Présidentielle de 2019.

Dans un communiqué publié, hier, la Commission nationale des Parrainages de la Coalition BBY a rejeté ces accusations et dénoncé des "manipulations grossières de l’opinion". Pour étayer leur version, l’équipe d’Aminata Touré, tête liste nationale, assure que les dispositions de l’arrêté du Ministre de l’Intérieur numéro 006527, en date du 22 avril 2022, portant "Mise en place d’un dispositif de contrôle des parrainages en vue des élections législatives du 31 juillet 2022" règlent la question. En effet, rapporte le texte, l’article 6, qui décrit les opérations de contrôle, dispose que le traitement automatisé du fichier électronique contrôle principalement "le nombre global de parrains recueillis et de le confronter aux dispositions de l’arrêté qui fixe le maximum et le minimum de parrains requis. Le surplus de parrains est considéré comme nul et non avenu et n’est pas tenu en compte, au moment du contrôle des parrainages".

Un autre argument pour YAW

La possibilité que toutes les listes déposées ne l’aient pas été à temps donne un nouvel argument aux opposants qui risquent de voir leur liste recalée. Pourtant, tout a été fait pour éviter ce genre de désagrément. C’est en ce sens que le ministère en charge des élections et les mandataires, sur proposition du CENA, ont accepté un tirage au sort qui a déterminé l’ordre de passage devant la commission pour la vérification des parrainages, le dépôt du complément des dossiers de candidatures et, enfin, l’ordre de présentation des bulletins dans le bureau de vote. Au vu de ces efforts, la CENA confie regretter le comportement des partis, lors de ce dépôts, "qui fausse, de manière délibérée, la bonne organisation de la réception par la commission des dossiers de candidatures que l’on espérait beaucoup plus sereine cette année."

Quoiqu’il en soit, l’instance dirigée par Doudou Ndir en appelle, dans sa note, à la sérénité et au sens des responsabilités des acteurs politiques sur leur obligation à entretenir, dans les joutes politiques, un climat de paix sans lequel la vie démocratique ne saurait se dérouler dans une saine ambiance.

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