Mbour : une jeune dame risque 10 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son amant

Amy Loum alias Sonia est accusée du meurtre de son concubin hollandais de 75 ans. Elle risque 10 ans de réclusion criminelle, si le réquisitoire du procureur est suivi par la cour de la Chambre criminelle de Mbour.

mac-MBOUR

Le mercredi 18 décembre 2019, les gendarmes de Saly ont été alertés de la découverte du corps sans vie de Joseph Hubert Guillaume Molin. Ce dernier, agenouillé au bord du lit, le visage posé sur le matelas, n'était vêtu que d'un caleçon. Dans une chambre en désordre, des traces de violence étaient visibles sur son corps.

Le médecin qui a procédé à l'autopsie de la dépouille décèle un traumatisme crânien grave, plusieurs côtes cassées et des blessures au pied et dans le dos. Il était seul avec son amante âgée à l'époque de 29 ans. Le couple qui vivait ensemble depuis 2017 devait se marier le 31 décembre 2019. À la barre de la chambre criminelle, l'accusée est revenue cinq ans en arrière pour raconter sa version des faits.

« Le samedi 17 décembre, après avoir tranquillement dîné, chacun est retourné dans sa chambre. C'est en prenant ma douche que j'ai entendu un bruit inhabituel et assourdissant. Je suis sortie de la douche en courant et je me suis rendue dans la chambre de Robert. Il était tombé, il gisait par terre. Je l'ai aidé à se relever ; il saignait du genou. Il m'a dit qu'il avait mal aux côtes. Je lui ai suggéré de l'emmener à l'hôpital, mais il m'a dit d'attendre le lendemain. Le matin, je suis allée dans sa chambre pour voir comment il allait ».

Sur ces entrefaites, Souleymane Mballo prévient les sapeurs-pompiers puis les gendarmes. L'autopsie dira que toutes les blessures trouvées sur le corps de la victime lui ont été causées par des coups qu'il avait reçus et non par une chute. Amy Loum dira qu'en tombant, son amant s'était appuyé sur le porte-serviette pour se maintenir. Malheureusement, la barre en fer s'est détachée. Il est tombé et s'est blessé sur le côté droit.

Le procureur, pour sa part, assure que l'autopsie avait écarté la thèse d'un malaise cardiaque. « Après l'autopsie, tout ce que le légiste a décelé sur le corps de la victime n'a pas été causé par la chute. La victime a reçu des violences administrées par une personne. Elle a donné plusieurs causes pour justifier le décès de son compagnon : une maladie cardiaque, une chute dans les toilettes. Elle était seule avec la victime. S'il y a violence exercée sur la victime, cela ne peut être que l'œuvre d'Amy Loum. L'accusée pouvait surprendre la victime et lui administrer des coups qui ont occasionné sa mort. Des traces de violence, des griffures ont été relevées sur le corps de la victime », assure le procureur.

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Il est ainsi convaincu que l'accusée avait volontairement donné la mort à la victime. Mieux, elle avait un mobile. Ainsi, le procureur qui a requis 10 ans de réclusion criminelle contre Amy Loum.

Ses avocats ont tant bien que mal tenté de la sortir des mailles de la justice. Ainsi, pour Maitres Omar Faty, El Hadj Diouf et Mouhamed Fadel Fall, la mort du Hollandais ne devrait pas être imputée à leur cliente. Pour eux, elle n'avait aucun intérêt à ôter la vie de son amant, car ils devaient se marier. Et que c'est la force de la chute qui a occasionné les blessures et causé sa mort. Maitre El Hadj Diouf assure n'avoir jamais vu un dossier aussi vide et que leur cliente a été prise en otage depuis cinq ans. Le délibéré est fixé au 15 mars 2024.

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