2025 fut une année meurtrière pour la presse. Selon la liste définitive publiée le 31 décembre par la Fédération internationale des journalistes (FIJ), 128 journalistes et professionnels des médias ont perdu la vie, dont 10 femmes. À l’échelle mondiale, le Moyen-Orient et le monde arabe concentrent le plus lourd bilan avec 74 morts. Ils sont suivis de la région Asie-Pacifique (15 morts), des Amériques (11 morts) et de l’Europe (10 morts). Dans cette liste sinistre, l’Afrique arrive en queue de peloton avec neuf professionnels des médias tués cette année.
27 journalistes emprisonnés en Afrique
Le Soudan concentre à lui seul six assassinats. D’autres meurtres ont également été recensés au Mozambique, en Somalie, en Tanzanie et au Zimbabwe. La Fij signale par ailleurs sept décès accidentels au Nigeria consécutifs à un accident de la route survenu le 29 décembre, ainsi qu’un autre cas au Burundi. Ces décès, précise la Fédération, ne sont pas directement liés à l’exercice du métier. Vingt-sept journalistes sont actuellement emprisonnés sur le continent, souvent sur la base d’accusations vagues ou fabriquées. L’Érythrée, avec sept journalistes détenus, reste le pays africain qui emprisonne le plus de professionnels des médias.
Le Sénégal fait figure d’exception...
Dans ce contexte régional et international particulièrement sombre, le Sénégal fait figure d’exception relative, même si la situation demeure contrastée. En mai 2025, Reporters sans frontières a présenté à Dakar son rapport intitulé «Le journalisme sénégalais à la croisée des chemins». Le pays enregistre, selon ce rapport, une progression notable, passant de la 94ᵉ à la 74ᵉ place du classement mondial de la liberté de la presse. Ce, grâce à «une transparence placée au cœur des réformes en cours».
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Toutefois, Reporters sans frontières nuance ce tableau. Cette amélioration coexiste avec des signaux préoccupants, tels que l’intensification des contrôles fiscaux et la suspension de conventions publicitaires avec des entités publiques, perçues par certains acteurs comme des moyens de pression économique sur les médias. Entre 2021 et 2024, plus de 60 journalistes ont été arrêtés ou agressés au Sénégal. Ainsi, si le Sénégal se distingue positivement dans un environnement africain marqué par la violence, l’emprisonnement et l’impunité, cette avancée reste fragile.