Affaire Farba Ngom : les raisons de la saisine de Yassine Fall par El Malick Ndiaye
L’affaire Farba Ngom continue de susciter interrogations et remous jusque dans les sphères internationales. Détenu depuis plus d’un an sans jugement définitif, le parlementaire a vu son cas porté devant l’Union interparlementaire (UIP), qui s’est officiellement inquiétée de sa situation. Dans une correspondance adressée au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, l’organisation a demandé des éclaircissements sur la détention d’un élu maintenu en prison « sans jugement et sans liberté », selon les termes rapportés.
Une interpellation qui place l’institution parlementaire face à ses responsabilités. D’après les informations relayées par le quotidien Les Echos , le président de l’Assemblée nationale a informé le bureau de l’institution avoir été saisi de cette requête. Toutefois, plutôt que d’engager une réponse directe au nom du Parlement, il a opté pour la transmission du dossier au garde des Sceaux, Yassine Fall. Une décision qui, à ce stade, reste sans suite clairement définie sur le plan parlementaire. Ce choix n’est pas sans susciter des réactions. Cette démarche ne manque pas de susciter des critiques et alimente les interrogations quant à l’indépendance de l’institution. Le journal s’interroge ainsi : « Au regard du principe de séparation des pouvoirs, pour quelle raison avoir saisi la ministre de la Justice ? ».
Le renvoi du dossier vers l’exécutif est perçu par certains comme un signal d’attente, voire de dépendance, alors même que le Parlement dispose de prérogatives propres en matière de protection et de suivi de ses membres. Entre exigences diplomatiques, pressions juridiques et attentes politiques, la gestion de ce dossier apparaît désormais comme un test grandeur nature de l’équilibre institutionnel au Sénégal.