Journaliste à la chaîne de télévision Tfm, Pape Ngagne Ndiaye est reparti, hier, libre de la Sûreté urbaine de Dakar (Su), après son audition qui a duré 11 tours d’horloge. Sa convocation fait suite à des propos tenus au cours de l’émission «Faram Facee» par Doudou Wade. Lesquels sont jugés désobligeants à l’endroit du chef de l’État et attentatoires à la sécurité publique.
C’est aux environs de 10H que l’animateur de Faram Facce de la TFM a accédé au 1er étage du commissariat central, accompagné de son avocat. Après un accueil cordial réservé par les limiers, place a été faite à l’audition entamée à 10H15mn. Selon des sources de L'OBS proches de l’affaire, l’entretien marathon entre les enquêteurs et leur hôte a porté sur les infractions d’actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique, ou à occasionner des troubles politiques graves, mais également d’offense au chef de l’État.
Les enquêteurs lui reprochent la complaisance
Pour étayer ces récriminations, les enquêteurs ont reproché à Pape Ngagne Ndiaye sa passivité qui frise la complaisance. En plus clair, en sa qualité d’animateur de l’émission, il n’a pas cherché à recadrer son invité, Doudou Wade, au moment où ce dernier tenait des propos désobligeants à l’endroit du chef de l’État. Il en est de même lorsque l’ancien président du groupe parlementaire du Pds débitait des propos de nature à compromettre la sécurité publique.
La réplique de Pape Ngagne Ndiaye
En réponse à ces interpellations, l’animateur de l’émission «Faram Facee» a d’emblée réfuté les charges qui lui sont opposées. Pape Ngagne Ndiaye a expliqué aux enquêteurs que l’émission n’avait pas pour format un entretien, un genre qui lui aurait permis de faire des relances. En l’espèce, a-t-il affirmé, «il est question d’un débat avec plusieurs invités. Ce jour, Doudou Wade avait pour co-débateur, Moustapha Diakhaté, ancien président du groupe parlementaire «Benno Bokk Yakaar».
L'excuse du direct
Poursuivant, il a indiqué qu’il y avait une autre difficulté de taille, liée au fait que l’émission est tournée en direct. En l’espèce, relève-t-il, «Monsieur Wade qui est un communiquant émérite, utilisait des métaphores et s’exprimait, par moments, en parabole pour argumenter son analyse. En pareil cas, on ne peut pas lui couper la parole, où même chercher à le recadrer tant qu’il n’a pas fini d’articuler sa pensée. Si l’émission était tournée en différé, nous aurions, au besoin, toute la latitude de censurer certains passages gênants».
C’est le cas, précise-t-il, de l’extrait qui fait état du coup d’Etat. Aussi, confie-t-il, «Monsieur Doudou Wade, que je connais, est un homme d’État avéré qui, à mon avis, ne se hasarderait pas à compromettre la sécurité publique. Il analysait une situation factuelle et, pour étayer ses propos, il a fait allusion à une jurisprudence, un épisode politique qui a prévalu dans un pays de référence, à savoir la France».