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Mbour : des sextorqueurs trafiquent les photos de filles en vidéos pornos et réclament 10 millions FCfa

Une affaire sordide de sextorsion a été évoquée au tribunal de Mbour. C. Guèye et M. Thiandoum, respectivement commerçant et mécanicien auraient, pendant près d’une année, manipulé, humilié et rançonné dix jeunes femmes de la commune de Sindia, en diffusant massivement sur TikTok des vidéos pornographiques montées à partir de leurs images personnelles.
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Un scandale de chantage sexuel en ligne secoue la commune de Sindia, dans le département de Mbour. Une sordide affaire qui a brisé la vie de dix jeunes femmes. Selon l’accusation, deux hommes ont mis en place un véritable système de prédation numérique. D'après le recit de L'Observateur, ils auraient d’abord obtenu, par des moyens frauduleux, des photos et vidéos personnelles issues des comptes TikTok des victimes. Ces éléments intimes ont ensuite été détournés et transformés, via des montages savamment réalisés, en contenus pornographiques mettant clairement en scène les visages des jeunes femmes. La diffusion de ces vidéos sur plusieurs comptes TikTok a provoqué un véritable tsunami dans la vie des dix victimes, dont les noms ont circulé dans tout le département de Mbour.

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Le modus operandi des cyberprédateurs

La première à faire face aux conséquences de ces montages est K. Ndiaye, une coiffeuse. La découverte est brutale. En voyant son image ainsi souillée et exposée à la vindicte publique, elle essaie de trouver une solution et s’en ouvre immédiatement à une amie, A. Ngom. Mais en fouillant les sites incriminés, cette dernière constate avec horreur être, elle-même, victime du même stratagème. Très vite, huit autres jeunes femmes sont identifiées dans le même schéma destructeur.

tribunal mbour
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Du jour au lendemain, la vie sociale, professionnelle et familiale de M. Ciré, S. Ngom, C. Diallo, M. Diagne, K. Niang, M. Diarra, Nd. Diouf et A. Faye, est anéantie, faisant d’elles «la risée de toute la contrée», selon les termes de l’instruction. Seulement, pour la coiffeuse K. Ndiaye, la sanction est double. Dans son cas, le harcèlement est allé bien au-delà de la simple diffusion. Non contents d’avoir manipulé son image, les deux cyberprédateurs s’attaquent à sa réputation en piratant son compte et en envoyant des messages de dragues à des hommes mariés. Lorsque la colère et les attaques violentes des épouses bafouées s’abattent sur elle, K. Ndiaye est obligée de fermer son salon de coiffure pour se mettre à l’abri.

La plainte des victimes et l'arrestations des sextorqueurs

Après des mois de souffrance et d’impuissance, les victimes, unies dans leur détresse, décident de réagir. Elles portent plainte collectivement et, avec l’aide de la Brigade de gendarmerie, mettent en place un stratagème pour piéger leurs bourreaux. Alors que jusqu’ici les harceleurs étaient injoignables sur les numéros associés aux comptes diffamatoires, elles parviennent à entrer en communication avec C. Guèye. Pour procéder à la suppression des montages pornographiques, ce dernier exige la somme astronomique de dix millions de FCfa. Une souricière est alors posée en forme de rendez-vous. C. Guèye qui ne se doute de rien, est appréhendé alors qu’il acceptait un premier versement de 100 000 FCfa. Interrogé, il a immédiatement désigné son complice M. Thiandoum. Ecroués à la Maison d’arrêt et de correction de Mbour, tous deux ont fait face à la Justice mardi dernier.

prostituée Zone 4
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Délibéré le 3 février prochain

Lors de leur jugement, le Procureur a souligné la gravité exceptionnelle de cette affaire qui combine extorsion, diffusion d’images à caractère pornographique, usurpation d’identité et harcèlement en bande organisée. Il a insisté sur la préméditation, la durée des agissements et les conséquences dramatiques subies par les dix jeunes femmes. Il a requis 2 ans de prison ferme, plus une amende de 50 000 FCfa à verser chacun au Trésor public. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict, prévu le 3 février prochain, est très attendu par les victimes, leurs familles et toute une communauté locale traumatisée par ce scandale.

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