Drogue, vidéos pornos, partouze : les dessous explosifs de l’affaire F. B. Guèye
Le fils d'un éminent professeur de l'UCAD arrêté
F. B. Guèye, née le 26 décembre 2001, fille de Mame Matar Guèye de Jamra, est au cœur d'une affaire présumée de trafic international de cocaïne et d'actes contre nature. Les investigations menées par les gendarmes de la Brigade de recherches Faidherbe de Dakar ont permis, selon les éléments de l'enquête dévoilés par L'OBS, de démanteler un réseau de trafic de cocaïne avec de présumés étrangersn d'acte contre nature...
Arrêtée, avec son compagnon R. S. Guissé, fils d'un éminent professeur de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, ainsi que deux ressortissants nigérians, caïds notoires de la mafia de la drogue dure à Dakar, F. B Gueye est poursuivie pour association de malfaiteurs, détention et usage de cocaïne, trafic international présumé de cocaïne et actes contre nature..
Les vidéos pornographiques lesbiennes
L'exploitation du téléphone de F. B. Guèye aurait révélé des vidéos à caractère pornographique et des échanges privés dans lesquels elle demandait à une amie de lui trouver «bène guel bou molle (Une copine pimpante)». Des éléments qui viennent encore épaissir un dossier déjà explosif, né d'une opération d'infiltration rondement menée pendant plusieurs jours.Tout commence par un renseignement. Depuis plusieurs mois, les gendarmes disent disposer d'informations selon lesquelles F. B. Guèye, née le 26 décembre 2001, consommerait de la cocaïne et entretiendrait des relations suivies avec des personnes susceptibles de lui en fournir à tout moment.
L'opération d'infiltration de gendarmes
Disposant suffisamment de renseignements, les enquêteurs auraient discrètement approché une femme proche de la suspecte afin qu'elle serve d'intermédiaire. Sous leur contrôle, une première commande est passée. Sans imaginer que son interlocutrice collaborait avec les gendarmes, F. B. Guèye lui aurait remis un gramme de cocaïne. Cette première livraison conforte, selon les enquêteurs, les renseignements dont ils disposaient déjà. La commande de cocaïne, la perquisition de la chambre de son copain et l’arrestation du premier fournisseur Mais l'opération ne s'arrête pas là. Les gendarmes décident d'aller plus loin afin d'identifier l'origine de l'approvisionnement. Une nouvelle rencontre est alors organisée autour d'une soirée prévue dans un appartement meublé.
D'après les enquêteurs, les participants devaient s'y retrouver pour consommer de la drogue avant de poursuivre la nuit dans une boîte de nuit dakaroise. En chemin, l'intermédiaire demande à F. B. Guèye si elle connaît un fournisseur de cocaïne. La réponse est immédiate : elle affirme pouvoir s'en procurer dès lors que l'argent nécessaire lui est remis. Au fait, c’est son copain qui lui en procure. Et dans cette nuit du 14 juillet, entre deux et trois heures du matin, les gendarmes passent à l'action. Lors de son interpellation, la fouille de son sac à main permettrait de découvrir un gramme de cocaïne. Interrogée, la jeune femme aurait finalement accepté de coopérer avec les enquêteurs. Ce choix va marquer un tournant décisif dans la procédure.Ses déclarations conduisent rapidement les gendarmes jusqu'à son fameux copain R. S. Guissé, identifié, selon la procédure, comme le fils d'un professeur de l'Université Cheikh Anta Diop.
F. B. Guèye rejette toute orientation lesbienne
Alors que les investigations sur le trafic présumé de cocaïne progressent, l'exploitation technique du téléphone portable de F. B. Guèye ouvre un tout autre chapitre. Les enquêteurs découvrent plusieurs vidéos à caractère pornographique ainsi que des échanges de messages. Si la jeune femme n'apparaîtrait pas dans les vidéos, un message retient particulièrement leur attention : elle y aurait demandé à une amie de lui trouver une fille pimpante. Interrogée sur ces éléments, F. B. Guèye rejette toute orientation lesbienne. Selon ses déclarations consignées dans la procédure, cette démarche répondait uniquement aux demandes de son compagnon, qui lui proposait des relations sexuelles de groupe. Elle explique avoir recherché une autre femme dans le seul but de satisfaire les fantasmes de son amoureux.
Les mis en cause déférés au parquet
Au terme de cette enquête, bâtie autour d'opérations d'infiltration successives, de commandes surveillées, d'exploitations téléphoniques et de plusieurs interpellations en chaîne, F. B. Guèye, R. S. Guissé ainsi que les deux ressortissants nigérians ont été déférés au parquet de Dakar. Ils devront désormais répondre devant la justice des faits à eux reprochés, notamment l'association de malfaiteurs, la détention et l'usage de cocaïne, le trafic international présumé de cocaïne ainsi que les actes contre nature, dans un dossier qui pourrait faire l’objet d’une ouverture d’une information judiciaire