Malika : un boutiquier noie un enfant de 3 ans par vengeance mystique
Il saisit l'enfant par les deux pieds et plonge sa tête dans un réservoir d'eau de 50 cm...
A la plage de Malika, le petit Ahmad Seydi âgé de 3 ans a été retrouvé sans vie. Selon l'accusation, le boutiquier a méthodiquement attiré sa victime. Profitant de l'heure de la prière où les rues se vident, il aurait offert un sachet de lait caillé à Ahmad pour l'inciter à entrer dans l'arrière-boutique. Une fois seul avec le garçonnet, le film devient un cauchemar. Il saisit l'enfant par les deux pieds et plonge sa tête dans un réservoir d'eau de 50 cm de hauteur, rapporte L'OBS. Il maintient la pression. Il regarde le corps se débattre, les jambes s'agiter en l'air, jusqu'à ce que l'inertie s'installe.
Les aveux du boutiquier : "je voulais me venger de son père.."
Pourquoi une telle cruauté envers un enfant qu'il voyait tous les jours ? À l'enquête, l'aveu est tombé, sec : «Je voulais me venger de son père.» Persuadé que D. Seydi lui jetait des sorts et déposait des talismans devant son commerce pour lui causer des migraines chroniques, le boutiquier a choisi de frapper là où ça fait le plus mal.
À la barre du tribunal de Pikine-Guédiawaye, l'accusé a pourtant tenté d'esquiver. «Je ne me souviens de rien... J'ai perdu mes esprits... J'ai cru voir l'enfant dans le seau au moment de faire mes ablutions», balbutie-t-il devant un Juge impassible. Une version qui tranche avec sa tentative de fuite vers la Mauritanie, avortée à Rosso avant qu'il ne se confesse au président de son Dahira. Pour le Procureur, il n'y a aucune place au doute. L'acte est réfléchi, la préméditation assise par le choix de l'heure et le transport clandestin du corps à vélo jusqu'à la plage. «C’est un meurtre abominable commis par un homme qui jouissait de la confiance totale des parents», a fustigé le Maître des poursuites, dénonçant une «insensibilité chronique». Verdict requis : les travaux forcés à perpétuité.
En défense, Mes Thioye et Pape Mor Niang ont plaidé la démence, invoquant une fracture mentale et des pulsions irrationnelles que seule une expertise psychiatrique aurait pu éclairer. «Il a besoin d'une autopsie de l'esprit», a martelé Me Thioye, demandant une application bienveillante de la loi. Le délibéré est fixé au 7 avril.