Une centaine d’étudiants, dont le président de l’amicale de la Fac de médecine, arrêtés
Suite et pas fin de l’épisode tragique qui secoue l’Ucad avec la mort de l'étudiant Abdoulaye Bâ, plusieurs arrestations ont été enregistrées, dont celle de Cheikh Atab Sagna, président de l’amicale des étudiants de la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie (Fmpo). Selon plusieurs témoignages recueillis par L'OBS, il a été interpellé vers 15 heures à sa sortie du service médical du campus, où il se trouvait depuis deux jours au chevet d’étudiants blessés lors des affrontements.
Des étudiants évoquent une filature et la présence de policiers en civil qui l’attendaient avant de le cueillir. Pour de nombreux étudiants, ces arrestations ciblées viseraient à décapiter le mouvement et à étouffer une contestation qui dure depuis plusieurs semaines, dans un contexte déjà extrêmement tendu sur le campus. Dans un communiqué publié hier, le collectif des anciens membres de l’amicale de la Fmpo affirme que les forces de l’ordre ont empêché la tenue d’une conférence de presse prévue par la structure avant d’arrêter son président.
Le collectif exige la libération immédiate des étudiants détenus, dénonce des «abus de pouvoir» et réaffirme son engagement pour une lutte «pacifique, responsable et légitime», ainsi que pour le respect des libertés syndicales en milieu universitaire. L’amicale rappelle, pour conclure, qu'elle «ne reculera jamais devant l'injustice et ne cédera jamais face à l'intimidation.» De son côté, Serigne Gackou Aïdara, ancien coordonnateur des écoles et instituts, membres du collectif des amicales de l’Ucad, évoque «une opération pour neutraliser les représentants». Il indique que son successeur, Elhadji Sall, a été interpellé lundi lors des affrontements puis relâché dans la nuit, sans son téléphone, signalant d’autres arrestations de délégués.
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Sur le front judiciaire, l’Association des jeunes avocats du Sénégal (Ajas) a annoncé, hier, dans une note publique se tenir pleinement à la disposition des étudiants gardés à vue pour leur offrir une assistance juridique gratuite, «dans le strict respect de leurs droits et des garanties prévues par la loi». D’après des sources de L’Observateur, ses membres se sont rendus à la Sûreté urbaine, à la Police centrale, dès 15 heures, et y sont restés tard dans la soirée pour assister les étudiants conduits sur place à la suite des manifestations. Une centaine d’étudiants sont concernés et le recensement se poursuit à travers la saisine des familles, tandis que les auditions pourraient durer plusieurs jours et déboucher sur d’éventuels déferrements.