Après sa grève de la faim, comment Sonko doit-il adapter sa réalimentation ?

Ousmane Sonko a cessé sa grève de la faim. Après 38 jours de diète, il va entamer la délicate phase de reprise nutritionnelle.

ousmane sonko

Un Collectif de 101 soignants ont signé une lettre dans laquelle il demande Ousmane Sonko et Cie à mettre fin à leur grève de la faim au regard du danger qui menace leur vie après seulement un mois de diète. Après une grève de la faim de 38 jours, comment le leader de Pastef doit adapter sa reprise nutritionnelle.

“Elle doit être très progressive” souligne les nutritionnistes. “Chez une personne dénutrie, il s’agit en effet d’éviter le syndrome de renutrition qui peut survenir lorsque la réalimentation est trop brusque et trop riche en glucides.” ‘’Ce syndrome se caractérise notamment par des troubles neuro-musculaires et cardiaques “et peut entraîner la mort“, confirme-t-on.

C’est la raison pour laquelle la reprise nutritionnelle est placée sous étroite surveillance médicale. Une surveillance qui peut durer 3-4 jours jusqu’à une semaine. “Les premiers jours, le patient mange de toutes petites quantités d’aliments, réparties sur la journée. La réalimentation débute par un faible apport calorique qui augmentera petit à petit” explique-on. Il s’agit également de ménager le tube digestif “qui n’a pas fonctionné pendant quarante jours et qui s’est atrophié. L’objectif est donc aussi d’éviter l’intolérance digestive“.

Cette première phase passée, “la nature reprend ses droits” enchaîne-t-on. “La personne va remanger spontanément. L’organisme va se réguler naturellement et le poids antérieur sera regagné en quelques semaines voire en quelques mois“. Et les nutritionnistes ajoutent enfin, “qu’au-delà du point de vue nutritionnel, une personne dénutrie est moins résistante aux infections. Il faut donc aussi veiller à ce paramètre“.

Les dangers du « syndrome de renutrition inapproprié »

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« Dans tous les cas, plus la grève de la faim dure, plus la réalimentation devra être progressive », soulève une nutritionniste, qui insiste sur la nécessité pour les trois bénévoles d’être suivis de près au moment de cesser leur grève. « On ne le sait pas toujours mais en réalité, c’est là que le pronostic vital peut être le plus engagé », signale le médecin. En cause, le « syndrome de renutrition inapproprié », un ensemble de complications métaboliques survenant après une longue période de restrictions.

« Quand on ne mange pas, le corps entre dans une sorte d’hibernation, tout le métabolisme est ralenti. Le fait de recommencer à s’alimenter va remettre en route toutes les voies du métabolisme. Vont alors surgir des besoins très importants en vitamines et sels minéraux : ions, sodium, potassium, magnésium ou phosphore, dont le manque peut entraîner un arrêt cardiaque ». Un phénomène qui, rappelle-t-il, s’est illustré dans l’histoire, notamment pour les personnes revenues de camps de concentration.

La reprise de poids doit donc se faire sous surveillance, idéalement dans le cadre d’une hospitalisation qui permettra des apports supplémentaires en vitamines. « Il faudra y aller prudemment, amener beaucoup de protéines tout en préservant le tube digestif qui n’a plus été habitué à recevoir des aliments », ajoute-t-elle.

S’ils sont bien suivis, ils ne devraient pas avoir de séquelles selon elle. « À condition que leur grève de la faim n’excède pas 30 jours, 40 maximum. »

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