Dans les secrets de la garde à vue de Hadjibou Soumaré

Cheikh Hadjibou Soumaré est en garde à vue depuis hier jeudi matin dans les locaux de la Sûreté urbaine. Le quotidien L’Observateur vous en dit plus sur les coulisses de la garde à vue de l'ancien Premier ministre.

Hadjibou Soumaré © Badji Seneplus

Convoqué hier jeudi à la Sûreté urbaine, l’ancien Premier ministre était entouré de ses avocats, Mes Mame Adama Guèye et Mansour Hanne. D'après L’Observateur, les enquêteurs de la Sûreté urbaine n’ont pas laissé de répit à l’ancien Inspecteur principal du Trésor de Classe Exceptionnelle durant trois tours d’horloge.

Hadjibou Soumaré est largement revenu sur son cursus devant les enquêteurs. Mais il a été vite interpellé par les hommes du Commissaire Sangharé sur la lettre ouverte adressée au Président de la République du Sénégal, pour l'interpeller sur quatre questions. Selon des sources de L’Observateur, l’ancien Premier ministre a reconnu la paternité de cette lettre dont une copie lui a même été présentée. Disant n’avoir pas retenu la date à laquelle il a publié cette lettre qui circulait sur le Net.

Hadjibou a attesté que c’est une lettre ouverte adressée à son Président de la République. Cependant il s’est réservé le droit de ne pas évoquer le support par lequel il a utilisé pour la rendre publique. Quand les policiers-enquêteurs ont voulu savoir ce qu’il souhaitait dire en évoquant les expressions « sous-entendus » et « note revêtue de son nom et de son sceau dont certains ont eu écho », Cheikh Hadjibou, selon des sources de L’Observateur, a expliqué que par « sous-entendus », il veut dire qu'une personne (Marine Le Pen Ndlr) est venue au Sénégal, a été reçue par le Président, ce qui a été d'ailleurs confirmée par la presse internationale et par les autorités sénégalaises.

Pour ce qui est de « la note revêtue de son nom et de sceau », l’ancien Ministre du Budget dit faire allusion à la dédicace du livre. Que la note est dans les réseaux sociaux. Poursuivant, les enquêteurs enchaînent en cherchant à savoir si le mis en cause qui a interpellé le président de la République, Macky Sall, en lui demandant d'apporter des réponses d'autorité à la question de savoir s'il avait donné récemment de l'argent à une personnalité politique française, pouvait leur donner le nom de la personnalité en question.

Hadjibou Soumaré a précisé aux policiers qu’il a interpellé le chef de l’Etat, Macky Sall, à sa qualité de citoyen et d'homme politique pour savoir s'il avait donné récemment de l'argent à la personne reçue et que si par extraordinaire, cela était avéré, qu'il dise si ce montant est de 12 millions d'euros (7,9 milliards FCFA).

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Il ajoute que concernant la personnalité politique française à laquelle il fait allusion, il ne la connaît pas et il n'a pas cité de nom. Sur le montant de 12 millions d'euros, soit environ 7,9 milliards Fcfa, avancé, les enquêteurs ont cherché à savoir si Hadjibou Soumaré avait des éléments pouvant justifier ses questionnements.

Hadjibou a expliqué qu’à sa qualité de Président du parti « Démocratie et République », un mouvement politique depuis 2019, il a interpellé le Président Macky Sall pour avoir des réponses, en tant que Président d'un mouvement politique. Il estime que ce qu’il a dit est clair. Qu’il n’a fait que formuler des questions pour savoir si Monsieur le Président de la République a remis de l'argent à cette personnalité politique Française, et si c’est vrai, de savoir si ce montant était de l'ordre de 12 millions d'euros.

Cheikh Hadjibou a souligné devant les enquêteurs qu’il n’a jamais rien affirmé, il a juste posé une question. Qu’il était dans l'interrogation. Avant de préciser que c'est au président de la République de l'éclairer. Par pays pauvre très Endetté, il dit avoir fait allusion au Sénégal.

Sur les 12 millions d'euros qui auraient été remis à cette personnalité politique française par le Président de la République, Cheikh Hadjibou Soumaré est resté constant dans sa démarche en estimant encore une fois qu’il n’a jamais rien affirmé, qu’il est juste dans le questionnement, dans les hypothèses, en tant qu'économiste et en tant que président de mouvement. Et même sur les allusions parfaites pour désigner Marine Le Pen, Cheikh Hadjibou se cache toujours derrière ses questions disant qu’il a juste interpellé le chef de l’État. Idem sur l'origine de cet argent, Hadjibou souffle aux enquêteurs qu’il est dans le questionnement.

Il estime qu’il n’est pas dans la preuve, disant que c’est au chef de l’Etat Macky Sall d'apporter des réponses. Et malgré la redondance des réponses de Hadjibou, les enquêteurs cherchent encore plus loin. Cette fois, ils l’interpellent sur la rencontre qu'aurait eue le président de la République avec cette personnalité Française, à l'issue de laquelle, Cheikh Hadjibou interroge le Président Macky Sall pour savoir s'il a envoyé à cette personnalité politique française une note revêtue de son sceau « en souvenir de son passage au Sénégal et de sa vision pour un nouveau partenariat entre la France et l'Afrique ».

En effet, les enquêteurs voulaient savoir la date, l'heure et le lieu de la rencontre entre le Président Macky Sall et Marine Le Pen. Selon des sources de L’Observateur, l’ancien premier ministre a souligné qu’il ne peut pas savoir la date et le lieu de cette rencontre. Mais il a tenu à préciser que tous les Sénégalais sont au courant qu'il l'a reçue.

Concernant sa troisième question dans laquelle il invite le chef de l’État à éclairer le peuple sénégalais pour savoir s'il a agi en qualité de Président de la République du Sénégal ou de chef de Parti politique et avec quel ARGENT, les policiers ont cherché à savoir s’il n’insinuait pas que le Président de la République a bel et bien remis cette somme de 12 millions d’Euros à Marine Le Pen. L’ancien premier ministre a encore dégagé en touche. Il a estimé qu’il n’a jamais rien insinué, qu’il est toujours dans le questionnement. Il a encore brandi son statut de chef d'un mouvement politique pour se dédouaner.

Sur la saisine de l’Assemblée nationale, l’ancien inspecteur dit n’avoir entretenu aucune confusion, qu’il n'essaie pas d'influencer les Sénégalais. Cependant, il a évoqué son droit de poser des questions au Président de la République. Il ajoute qu’il n'a pas choisi d'aller à l'Assemblée nationale, parce qu'il estime que le Président de la République est en mesure de lui répondre. Sur les « bruissements de salons d'ici et hors de nos frontières », Hadjibou répond aux enquêteurs que quand vous allez à l'étranger et même au Sénégal, dans les cafés et restaurants, vous pouvez entendre les gens parler. Et quand les policiers ont cherché à savoir s’il avait entendu tout ceci dans les cafés et les restaurants, il a clairement dit qu’il ne pouvait pas répondre à cette question.

La posture de l’ancien Premier ministre était loin de refroidir les ardeurs des hommes de la Sûreté urbaine. Ouvrant un autre chapitre, ils lui rappellent ses hautes fonctions de ministre du Budget, de premier ministre et chef de la douane, avant de lui demander comment Marine Le Pen aurait pu recevoir une somme de 12 millions d'euros et contourner les procédures douanières sénégalaises et françaises sans être appréhendée.

« A ce titre, je ne peux pas savoir, même si cela était avéré, quel procédé serait utilisé », aurait-il dit aux enquêteurs selon des sources de L’Observateur. Et même sur la possibilité qu’un tel montant puisse faire l'objet d'un virement bancaire dans le compte en banque d'une personnalité politique exposée, Hadjibou a balayé d’un revers de main disant qu’il n’en sait rien. Même sur le canal utilisé pour convoyer cette somme de 12 millions d'euros hors du Sénégal, l’ancien ministre du budget dit être dans l’interrogation.

Ajoutant que la polémique que sa lettre a créée à l’étranger n’était pas sa préoccupation. Pour une dernière question, les hommes de Bara Sangharé lui demandent s’il confirme que le Président de la République Macky Sall a remis à Marine Le Pen la somme de 12 millions d'Euros, Hadjibou répond, selon des sources : « Je ne confirme rien du tout ».

Affaire à suivre…

Source L'OBS

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