Dette : le Sénégal doit payer 1.200 milliards FCFA entre juin et juillet
Dans cet entretien accordé à L’Observateur, l’Économiste Seydina Alioune Ndiaye qui analyse la situation socio-économique actuelle du Sénégal, alerte sur l’urgence d’agir avant le saut dans le vide. Il révèle que rien qu’entre les mois de juin et juillet prochain, l’Etat du Sénégal sera à presque plus de 1 200 milliards FCfa de service de la dette. Dans le détail, "le service de la dette va être extrêmement pesant à partir de juin. Il faudra payer 582 milliards en juin, 633 milliards en juillet", a alerté Seydina Alioune Ndiaye, dans un entretien avec L'OBS.
«Avec un service de la dette à partir de juin 2026 de plus de 300 milliards FCFA par mois, il y aura un très sérieux risque de choc grave…», prévient-il. Il rembobine : "Il y a un cocktail assez explosif et suffisamment grave pour que nous sortions de notre mutisme pour éclairer l’opinion sur un futur qui s’assombrit pour tous les acteurs". "A l'en croire, "le marché financier régional sur lequel l’État du Sénégal souhaite lever les 6 075 milliards FCfa de besoin de financement montre des signes clairs d’essoufflement".
Pis, dit-il, "l’ingénierie financière des TRS et toutes les gymnastiques et acrobaties ne nous permettront guère de sortir de l’ornière actuelle des finances publiques". "(…) Les investisseurs se sont débarrassés d’un titre d’une maturité de 6 mois, juste 3 mois après sa détention dans le portefeuille, ce qui pourrait dénoter d’un actif devenu toxique ou encombrant pour le bilan", avertit-il. Ce qui laisse présager d'un très sérieux risque de choc grave est actuellement un sujet de discussion dans les cercles financiers nationaux et internationaux.
Il prédit un avenir économique sombre : "L’absence prolongée de reprise effective des relations avec le Fonds monétaire international (Fmi), le bouleversement du conflit autour du Détroit d’Ormuz (baril pétrole entre 100 et 110 Usd, contre un prix de 60 Usd prévu par la Lfi (Loi de finances initiale 2026), le resserrement monétaire de la Bceao accompagné par un lâchage plausible des bailleurs sous-régionaux, dont le soutien implicite nous a permis de passer le mur de mars ; ce cocktail-là, me semble-t-il, est assez explosif et suffisamment grave pour que nous sortions de notre mutisme pour éclairer l’opinion sur un futur qui s’assombrit pour tous les acteurs : Etat, Pme/Pmi, salariés du privé, investisseurs, partenaires, etc".