Cinq grands moments de la politique sénégalaise en 2022 [Pulse Picks 2022]

L’année 2022 a été très politique. Elle a été rythmée par des événements majeurs allant d’élections, de procès, de « transhumance », etc. Les citoyens ont assisté à une reconfiguration du paysage politique. Voici 5 plus grands moments de la politique sénégalaise en 2022.

Cinq grands moments de la politique sénégalaise en 2022
  • Élections législatives : BBY perd sa majorité absolue

Les élections législatives sénégalaises du 31 juillet ont été, sans risque de se tromper, parmi celles qui ont cristallisé le plus d’enjeux et le plus d’engouement. Elles auront été, jusqu’au bout, très ouvertes avec pleines d’incertitudes.

Le principal enseignement à tirer de ces joutes électorales a été la perte de la majorité absolue à l'Assemblée nationale par le camp présidentiel même s’il a eu une petite avance. Ce dernier a dû s'appuyer sur d'autres forces au Parlement pour faire passer ses lois. Le Sénégal venait de connaître ce scénario pour la première fois depuis son indépendance en 1960.

  • Retour du poste de Premier ministre
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Amadou BA, ancien ministre de l’Économie et des Finances, et des Affaires étrangères vient d’être nommé le tout nouveau Premier ministre du Sénégal dans la matinée du 17 septembre. Il s’agit de l’un des moments forts de la politique sénégalaise.

D’abord, depuis 1991, sous le président Abdou Diouf, le poste de Premier ministre n’avait pas « sauté ». Ensuite, jamais le président Macky n’avait été aussi acculé par l’opposition. Il avait besoin d’un pare-feu et d’un fusible pour se protéger. Officiellement, la raison avancée porte sur ses charges de président (Macky Sall) en exercice de l’Union africaine.

  • Chaos lors de l’installation de la 14e législature

L’année 2022 n’a fait que confirmer la crise de la démocratie représentative au Sénégal. Le désamour entre le « peuple » et ses représentants a quasiment connu le point du non-retour.

Pour cause, des scènes surréalistes dans l'Hémicycle. C'était le chaos. Des éléments de la gendarmerie ont même pénétré dans l'enceinte après plusieurs heures de blocage. Dans sa pure expression, l’argument de la force a prévalu un certain 12 septembre. La présidente de la séance, Aïda Sow Diawara, a même été exfiltrée de la salle par les forces de l’ordre.

Ce méli-mélo faisait suite à des heurts entre députés des coalitions Yewwi-Wallu (opposition) et Benno Bokk Yaakaar. L’opposition a dénoncé la présence dans le groupe BBY de députés élus en juillet 2022, mais toujours ministres, ce qu’interdit strictement la Constitution d’après elle.

  • Réouverture du dossier Ousmane SONKO

L’affaire continue de tenir les Sénégalais en haleine, tant chez les partisans de l’opposant et du pouvoir que toute personne éprise de justice.

Voilà l’affaire Sonko-Adji Sarr qui refait surface ! Depuis mars 2021, Ousmane Sonko est sous contrôle judiciaire. Il est visé par une plainte pour viols déposée début 2021 par Adji Sarr, une employée du salon de massage ‘Sweet Beauty’.

Si la plaignante a déjà été entendue sur le fond du dossier, tout comme la propriétaire du salon, le chef de l'opposition prenait jusque-là son mal en patience.

Les Sénégalais craignaient le pire compte tenu des évènements de mars, mais la situation n’a pas dégénéré. « L'audition s'est très bien passée. Il (O. Sonko) a donné des éléments de preuves attestant (...) d'un complot mal ficelé », avait déclaré Ciré Clédor Ly, l'un de ses avocats.

Cette affaire ne sera pas un long fleuve tranquille. Elle devrait également rythmer l’année 2023.

  • Ralliement de Pape DIOP à BBY

Face à la perte de la majorité absolue à l'Assemblée nationale par le camp présidentiel, un « mercato politique » s’imposait. Tous les Sénégalais avaient les yeux rivés sur le potentiel « transhumant ». Pape Djibril Fall et Thierno Alassane Sall décident de réaffirmer leur ancrage dans l’opposition, c’est là que le grand cacique de la politique sénégalaise, Pape Diop, intervient !

Le 11 août, le leader de Bokk Gis Gis annonce qu’il rejoint le camp présidentiel. « Cette décision que j'ai prise sans discussion aucune avec le pouvoir est donc sans condition et est simplement motivée par le souci d'éviter à notre pays la cohabitation », déclare alors l’ancien maire de Dakar.

Cette manœuvre a suscité un grand tollé au Sénégal. Si certains se sont sentis trahis, d’autres ont salué un geste patriotique.

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