Emeutes au Sénégal : le Quai d’Orsay porte plainte contre Juan Branco

Le ministère français des Affaires étrangères accuse Juan Branco, avocat de Ousmane Sonko, de mise en danger d'autrui en révélant l'identité de deux fonctionnaires français travaillant au Sénégal.

Me Juan Branco

Le ministère français des Affaires étrangères a porté plainte contre l’avocat Juan Branco, d’après une information d’Europe 1 ce mercredi 12 juillet. L’avocat avait divulgué les noms de deux fonctionnaires travaillant au Sénégal, lors d’une conférence de presse le 22 juin dernier, les mettant en danger d’après le Quai d’Orsay.

Une source diplomatique confirme au Parisien que le ministère a « procédé aux signalements qui s’imposaient auprès des autorités compétentes » après avoir « pris connaissance des accusations graves et infondées portées par M. Juan Branco, et de ses récentes publications divulguant des informations de nature professionnelle visant des agents français en poste au Sénégal. »

Le 22 juin dernier, l’avocat avait dénoncé des crimes contre l’humanité ayant lieu au Sénégal. Juan Branco intervient dans cette affaire alors qu’il représente Ousmane Sonko, un opposant politique sénégalais. Accusé de viols, sa condamnation pour « corruption de la jeunesse » avait entraîné des violences dans le pays, qui ont fait 16 morts officiellement, une trentaine selon l’opposition. Ce sont les violences contre les opposants du gouvernement sénégalais que l’avocat qualifie de crimes contre l’humanité.

Lors de cette conférence de presse, il pointe du doigt plusieurs responsables et cite notamment deux fonctionnaires français, donnant même le numéro de téléphone de l’un d’entre eux et son matricule. Dans des tweets des 11 et 13 juin - qui semblent avoir été supprimés - il dénonce également l’implication de ces deux personnes dans les violences au Sénégal, souligne Europe .

« La France porte plainte contre moi »

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« La France porte plainte contre moi », a réagi Juan Branco ce mercredi dans un tweet. « Pourquoi ? Pour avoir révélé la commission de crimes contre l’humanité », écrit-il assurant que « les faits que nous avons révélés ont montré l’implication d’agents français dans l’organisation et l’exécution de la répression mise en œuvre par le régime de Macky Sall (président de la République du Sénégal, NDLR) contre des manifestants démocratiques ».

D’après Europe 1, la plainte du ministère des Affaires étrangères a été déposée en application de l’article 40 du Code Pénal, selon lequel « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République ».

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