Des propos contestés à la barre
La présidente de l’Union pour le progrès et le renouveau du Sénégal, Ndèye Leïla Sow, a comparu ce lundi devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. À l’origine de cette procédure, des déclarations tenues lors d’une émission télévisée et dénoncées par le collectif « And Sam Djiko Yi ». Devant les juges, la prévenue a contesté les faits qui lui sont reprochés. Elle a expliqué que ses propos s’inscrivaient dans le cadre d’un débat sur l’homosexualité et relevaient, selon elle, de son engagement politique. Ndèye Leïla Sow a notamment reproché à des membres du collectif d’avoir, selon elle, trompé l’opinion publique en accusant l’ancien président Macky Sall de défendre un agenda favorable à l’homosexualité. Elle leur a également reproché de ne pas avoir donné suite à leur engagement en faveur de la criminalisation de l’homosexualité après le changement de régime. La vidéo à l’origine de la procédure a été diffusée à l’audience. Dans la séquence présentée au tribunal, la responsable politique qualifie notamment les personnes visées de « menteurs », de « bandits » et « d’hommes de l’enfer ».
Le parquet avait requis trois mois ferme
Dans ses réquisitions, le procureur de la République a estimé que les propos tenus étaient suffisamment graves pour susciter l’indignation. Il a requis six mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme, ainsi qu’une amende de 500 000 FCFA. Le collectif « And Sam Djiko Yi », à l’origine de la plainte, n’a toutefois pas comparu à l’audience.
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La défense invoque la liberté d’expression
Les avocats de Ndèye Leïla Sow ont contesté la qualification des faits et plaidé la liberté d’expression. Ils ont également dénoncé ce qu’ils considèrent comme une application sélective de la loi. Me Djiby Diallo s’est interrogé sur le traitement judiciaire réservé à d’autres déclarations publiques visant des responsables politiques ou des autorités religieuses. De son côté, Me Aboubacry Barro a remis en question la qualité du collectif plaignant à engager cette procédure, estimant que sa cliente commentait des images sans désigner nommément des personnes. Les conseils ont demandé, à titre principal, que les poursuites soient écartées et, à défaut, que leur cliente soit relaxée. Me El Hadji Diouf a, pour sa part, dénoncé une instrumentalisation politique de la procédure. « On ne doit pas utiliser l’arme politique pour réduire au silence les adversaires politiques », a-t-il déclaré à l’audience. Malgré les arguments développés par la défense, le tribunal a déclaré Ndèye Leïla Sow coupable et l’a condamnée à six mois d’emprisonnement, dont trois mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 FCFA.