Le tribunal des flagrants délits de Dakar a condamné, mercredi, Ndeye Fatou Diatta, alias Ndeya Beauté, à une peine de six mois de prison ferme pour abus de confiance. La prévenue était poursuivie pour le détournement d’un montant estimé à 27 millions de FCFA dans le cadre de tontines qu’elle organisait. Placée sous mandat de dépôt depuis le 27 avril 2026, la commerçante a reconnu les faits qui lui sont reprochés au cours de l’audience. À la barre, plusieurs parties civiles ont affirmé avoir cotisé pendant plusieurs mois sans jamais percevoir les sommes qui leur étaient dues.
Parmi les plaignants, Niaba Baldé explique avoir été mise en confiance après avoir découvert la prévenue sur le réseau social TikTok. Selon son témoignage, Ndeya Beauté lui avait présenté une tontine initialement prévue en juillet 2025, avant de revoir les modalités avec des cotisations fixées à 500 000 FCFA toutes les deux semaines. Elle affirme avoir versé au total deux millions de FCFA sans jamais obtenir de remboursement. La prévenue a pour sa part indiqué qu’elle gérait simultanément deux tontines, dont les durées variaient de plusieurs mois, et a soutenu que certaines participantes avaient effectivement récupéré leurs mises. Elle a toutefois reconnu des difficultés de gestion, expliquant que l’arrêt des cotisations par certaines membres avait fragilisé le système.
Interrogée sur l’utilisation des fonds, Ndeye Fatou Diatta a évoqué des choix destinés, selon elle, à préserver l’argent collecté, tout en admettant qu’une partie avait été injectée dans ses activités commerciales, comme elle l’avait déjà déclaré lors de l’enquête. Au cours des débats, une autre partie civile a affirmé avoir été rassurée par des propos de la prévenue, qui présentait la tontine comme « certifiée » et encadrée par la gendarmerie, un argument qui aurait contribué à instaurer un climat de confiance. Seul homme parmi les plaignants, Talla Ndiaye a indiqué avoir participé à hauteur de 10 millions de FCFA depuis l’étranger. S’il a pu récupérer une partie de ses fonds, il affirme qu’un reliquat de plus de trois millions de FCFA reste impayé. Face au tribunal, la prévenue a sollicité la clémence, présentant ses excuses aux victimes et invoquant son manque d’instruction pour expliquer ses difficultés de gestion.
Elle a également exprimé sa volonté de rembourser les sommes dues. Dans ses réquisitions, le procureur de la République a estimé que les faits pouvaient relever de l’escroquerie, considérant que l’intention de restitution n’était pas établie. Il a requis une peine de six mois de prison ferme assortie d’une amende. La défense, assurée par Mes Sayba Danfakha, Marème Dia Sylla et Baba Diop, a plaidé une application clémente de la loi. Les avocats ont notamment mis en avant les remboursements déjà effectués, évalués à 22 millions de FCFA, en partie grâce à une mobilisation de soutiens extérieurs. À l’issue des débats, le tribunal a retenu la qualification d’abus de confiance et condamné Ndeye Fatou Diatta à six mois de prison ferme. Il a également ordonné le remboursement des sommes réclamées par les parties civiles.