Découverte : Initiation des colonies d’Afrique francophone au football !

Le continent africain n’est pas un territoire à la marge du sport roi, le Football et de ses dynamiques globales. Si l’Afrique joue aujourd’hui un rôle important dans cette discipline sportive, force est de reconnaitre que cela s’est opéré sur fond de rejet colonial.

Image d'illustration foot colonial

L’entre-deux-guerres, le pouvoir colonial français tenta de développer l'éducation physique et la préparation militaire en Afrique occidentale française afin d'améliorer l'état sanitaire des populations africaines, réserves de main-d'œuvre et de soldats. Mais dès les années trente, les Africains se montrèrent attirés par les jeux sportifs, le football en particulier, délaissant ostensiblement les activités proposées par l'administration. Celle-ci dut progressivement (notamment après la Seconde Guerre mondiale) concéder, contre son gré, aux Africains la création d'un mouvement sportif comparable à celui de métropole.

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Les administrateurs tentèrent alors de promouvoir l'athlétisme, seule discipline sportive ayant à leurs yeux les vertus recherchées. Mais là encore, les populations contrèrent les volontés du colonisateur qui ne put développer l'athlétisme que là où il pouvait l'imposer : en milieu scolaire. Les pratiques sportives représentent donc un domaine où les colonisés ont su infléchir de façon nette les volontés du pouvoir colonial.

Les populations d'Afrique occidentale française commencèrent aux sports européens à la fin des années vingt. Attirées par les spectacles sportifs et les compétitions qu'organisaient les militaires et les clubs réservés aux Blancs, elles s'initièrent peu à peu, par mimétisme, aux jeux sportifs. Le football en particulier fut « de beaucoup le plus en honneur en raison du peu de frais qu'il [nécessitait] et de sa technique relativement simple ».

Les premières associations sportives fondées par et/ou pour les Africains apparurent dans les grands centres urbains de la fédération dans les années trente. Ainsi à Dakar virent le jour l'Union sportive indigène en 1929, l'Union sportive Goréenne et le Foyer France Sénégal en 1933, à Cotonou l'Association sportive cotonoise et l'Athlétic-Club en 1934, ou encore à Conakry le Sporting-Club en 1936.

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Cet intérêt des Africains pour les sports coïncida avec la volonté des coloniales de promouvoir des activités physiques parmi les autochtones. Les administrateurs pensaient que de telles pratiques contribueraient à améliorer la santé des Noirs, afin de disposer d'une main-d'œuvre performante et de soldats robustes. Dans ce but, ils encouragèrent le développement de l'éducation physique et de la préparation militaire.

Mais, malgré cette convergence de vue entre administrateurs et Africains quant à la possibilité pour ces derniers de s'adonner aux pratiques physiques, les terrains de sports ne devinrent pas un terrain d'entente entre autorités coloniales et colonisés. Au contraire, ils furent rapidement un espace conflictuel où chacun s'efforça, avec ses moyens, d'imposer ses visées.

C'est pourquoi, aux dirigeants sportifs dakarois qui proposaient, en 1933, de fonder un Comité fédéral des sports de l'A.O.F., afin de rendre officiels des championnats et des records qui pourraient être disputés ou battus en A.O.F., le gouverneur général par intérim, Pierre Boisson, : « Cet intérêt théorique me paraît contrebalancé par des inconvénients analogues à ceux qui se manifestent dans les pays plus évolués : des manifestations sportives, tant de la part des organisateurs que des participants, recherche du record ou de l'exploit spectaculaire, plutôt que du développement rationnel de la culture physique dans la masse »

Mais celle qui connut le plus grand retentissement fut sans conteste la Coupe d'A.O.F. de football. Destinée à l'origine, en 1947, aux seules équipes sénégalaises et intitulée d'ailleurs « Coupe du Sénégal », elle opposa dès l'année suivante des clubs sénégalais, ivoiriens, guinéens et soudanais. A partir de 1950, cette compétition gagna la Haute- Volta et le Dahomey, mais aussi le Niger. L'impact de la Coupe d'A.O.F. de football ne fit que s'amplifier au fil des ans. De 50 en 1948, le nombre d'équipes en compétition augmenta régulièrement et atteignit 302 équipes lors de la saison 1958-1959.

L'après-guerre connut donc en A.O.F. une véritable fièvre sportive. Clubs, licenciés, compétitions se multiplièrent consacrant l'émergence d'un authentique mouvement sportif.

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