«C’est une escroquerie foncière. L’Etat est passé par le ministère de l’Urbanisme pour prendre ces terres, faire un autre business. Mais, pour cela, il leur fallait faire sortir d’abord ces familles», a tonné le leader de Pastef.

Arborant sa casquette de spécialiste des questions fiscales et foncières, Sonko concède que les familles n’ont pas de droit, ni de titre sur les parcelles. Et donc, le foncier appartient à l’Etat. Mais, il souligne aussi que «la vente à Comico est illégale.»

Car pour vendre du foncier, des terrains nus ou des terrains ayant fait l’objet de construction (comme c’est le cas de terme sud), l’Etat doit respecter certains critères.

«Pour les deux, la loi dit qu’il faut passer par l’Assemblée nationale et que celle-ci vote une loi pour autoriser l’Etat à vendre. Ils ne sont pas passés par l’Assemblée pour vendre les terres de terme sud. Donc c’est la première violation», indique Sonko. Aussi, l’Etat se devait de faire de la publicité. «Mais, il ne l’a jamais fait.» Pour Sonko, la dernière violation, c’est que «c’est le gouverneur qui doit assurer la vente, pas le Directeur des domaines.»

«Aucun de ces aspects n’a été respecté. C’est pourquoi en première instance, le Tribunal avait cassé la première vente entre l’Etat et la Comico. En appel, le juge a dit autre chose, mais je suis désolé il n’a pas dit le droit», peste-t-il.

Et puisque la Comico ne détient pas les droits réels, «elle ne pouvait pas expulser des familles», indique Ousmane Sonko. Pis, l’Etat a besoin du terrain pour le projet «zéro bidonville». Mais, l’homme politique souligne que terme sud n’est pas un bidonville.

«Ils ont prévu, avec le programme construire des immeubles R plus 4. Qui sera confié à un promoteur privé. Ils veulent donner 88 logements ou des appartements à ceux qui vivaient à terme Sud, et confier les 3200 appartements au promoteur. Nous savons tous comment ça se passe, et ceux qui sont derrière les développeurs», dit-il.

Pour Ousmane Sonko, le fait de rendre les 3 hectares à l’armée, n’est que de la tromperie. «C’est pour, après, revenir à leur projet. Vous avez vu, l’aéroport ils sont en train de vendre le foncier. Les 500 parcelles du hangar des pèlerins l’arrêté et le plan sont là, ce sont des ministres qui se partagent les 500 mètres carrés, alors qu’ils avaient dit que le terrain revenait à l’armée», accuse-t-il.