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Sûreté urbaine : les secrets de l’audition marathon de Doudou Wade

Doudou Wade
Doudou Wade
L’ancien président du groupe parlementaire du Parti démocratique Sénégalais (Pds), Doudou Wade est ressortie libre de la Sûreté urbaine après plus de 6 heures d’audition au cours de laquelle, il a expliqué l’esprit de ses propos incriminés.
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L'audition de Doudou Wade a débuté à 11 heures. Selon des sources de L'OBS, son interrogatoire a reposé sur un chapelet de récriminations. Il s’agit d’actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique, ou à occasionner des troubles politiques graves, à enfreindre les lois... Entouré de ses conseils Mes Aboubacry Barro, Adja Fatou Diallo, El Hadji Amadou Sall, Mamadou Moustapha Mbaye et Ousseynou Babou, l’ex-président du Groupe parlementaire du PDS va connaître une audition marathon longue de plus de 6 tours d’horloge, bouclée à 17 heures. L’entretienn relate L'OBS, sera ponctué par plusieurs pauses observées à la demande de Doudou Wade.

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police dakar
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Le supposé coup d’État

Invité à s’expliquer sur ses propos insinuant un coup d'État, Doudou Wade répond tout de go, qu’il n’a jamais souhaité, approuvé ni même incité à un coup d’État. Le responsable politique d’affirmer qu’il a, au contraire, appelé à préserver la République et à éviter toute rupture anticonstitutionnelle. C’est en cela, souligne-t-il que les références historiques dont il a fait cas, visaient exclusivement à illustrer des situations à l’étranger et qu’il n’a nullement cherché à faire une quelconque transposition au contexte sénégalais.

Diomaye et la Moto Jakarta

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En réponse à la parabole assimilant le pays à un Boeing A-337 confié à un conducteur de moto Jakarta, Doudou Wade renvoie les enquêteurs à une figure de style aux fins de rendre son raisonnement plus accessible aux téléspectateurs. Cependant, s’est-il empressé de préciser qu’à travers cette métaphore, il ne cherchait pas à offenser le président de la République, encore moins à remettre en cause sa légitimité. L’esprit de son argumentaire, mentionne-t-il, était d’exprimer une préoccupation sur la gouvernance et la coordination au sommet de l’État.

Il faut "élimliner" le Premier ministre

Sur cette question également sensible, le consultant en ressources humaines qu’il est, a recadré sa pensée qui, à l’en croire, s’inscrivait dans une analyse politique de la dualité conflictuelle entre le chef de l’État et son Premier Ministre, qu’il estime être devenue un duel susceptible de fragiliser les institutions. Se voulant prolixe, l’octogénaire a levé toute équivoque sur le terme «élimination» qui, selon lui, ne renvoie point à une élimination physique, mais à des mécanismes constitutionnels et légaux que sont : Le décret de limogeage du Premier ministre par le chef de l’État, ou de la démission volontaire de celui-ci. 

Doudou Wade
Doudou Wade

Financement étranger

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Sur son affirmation selon laquelle le Président de l’Assemblée nationale aurait reçu un financement étranger destiné à préparer une guérilla, le responsable politique botte en touche. Il explique qu’il n’a jamais affirmé que le Président de l’Assemblée nationale aurait reçu de l’argent de la Chine. A l’en croire, il évoquait des soupçons et interrogations publiques relatives aux relations historiques entre certains partis politiques et des États étrangers. 

Quid du terme «guérilla» ? Doudou Wade avoue l’avoir employé dans un sens politique et allégorique, aux fins de désigner les risques de troubles institutionnels, de soulèvements populaires, ou de crises graves observées dans des pays de la sous-région, qu’il souhaite éviter au Sénégal. Concluant sa longue audition, l’homme politique présentera la procédure judiciaire l’incriminant comme revêtant des relents politiques, alimentés par des interprétations numériques erronées et malveillantes. Il rappelle qu’il n’est nullement partisan des coups de force et qu’il a toujours œuvré pour la stabilité démocratique au Sénégal.

Selon des sources concordantes, le maître des poursuites du tribunal de grande instance de Dakar, informé de la suite de l’enquête, s’est montré bienveillant en demandant aux hommes du commissaire Goudiaby de relâcher leur hôte octogénaire, pour entre autres raisons, «son âge très avancé». Doudou Wade a quitté le bureau des enquêteurs à 20h50mn, mais reste à la disposition de toute réquisition ultérieure de la justice. La procédure, quant à elle, sera transmise aujourd’hui au procureur de la république près le tribunal de grande instance de Dakar. 

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